Un hôtel hanté, un film et un livre de génie, un documentaire de fous

Le festival Offscreen se terminait ce dimanche 24 mars. Cette édition et ses 7000 spectateurs s’est achevée sur… un documentaire! Room 237 se focalise sur l’un des chefs d’œuvre de Stanley Kubrick: The Shining (sorti en 1980) via différentes visions sur les sens de lecture que le film possèderait. Ou cacherait selon certains!

 

OffscreenBAN

 

Le documentaire nous laisse entendre en voix off plusieurs témoignages. Chaque personne, profondément touchée par la première vision de The Shining, pense avoir eu une révélation sur le sens caché du film. Entre des indices prouvant la culpabilité de Kubrick par rapport à son rôle dans la fabrication des fausses images de l’alunissage (une théorie du complot pourtant démentie par des faits à de nombreuses reprises) aux métaphores (plus plausibles) sur la culpabilité des blancs dans le massacre des indiens d’Amérique (l’hôtel étant construit sur un ancien cimetière indien). D’autres y voient une extrapolation plus large sur le poids de l’Histoire et notamment sur la Shoah (le chiffre 42 revenant souvent dans le film) ou une volonté de représenter le mythe du minotaure (le labyrinthe emblématique du film n’existant pas dans le livre de Stephen King). Même si certains intervenants semblent faire une véritable obsession sur le film, certains détails restent troublants et nous interrogent sur notre propre interprétation du film.

En tout cas, trois choses sont certaines. Toute la salle a bien rigolé (nous compris) face aux fausses évidences dévoilées lors du documentaire. Pourtant, une envie nous titille de regarder à nouveau le film, au ralenti, à l’envers ou image par image. Et c’est peut-être là que l’on retrouve le génie de Kubrick: dissimuler dans ses films des indices vers des mystères connus de lui seul et que nous voudrions absolument découvrir!

 

room 237

Site officiel de Room 237.

 

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Et pour les retardataires, la Cinematek organisera une rétrospective John Waters à partir du 9 mars (avec This Filthy World et Polyester), suivi le lendemain par une Masterclass puis par ses autres films pendant le reste du mois.

Cédric Dautinger

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