Le chômage mis en cases

Ancien étudiant en journalisme à l’ULB, Sébastien Theys s’est armé de son crayon et de son ordinateur pour mettre en scène son expérience de jeune diplômé, faite de galère et de recherche d’emploi. Car le chemin vers le travail est pavé de difficultés, même avec un diplôme. Il a créé le personnage de Super ChôChô, un héros chômeur, qui nous ressemble et décrypte l’actualité avec beaucoup d’humour. Rencontre.

Un petit personnage, masqué, l’air conquérant, debout sur un toit. Dans une bulle, ce texte : « Moi, super ChôChô, j’éradiquerai le chômage des rues, je donnerai du travail pour tous, je mettrai le patronat au rabais, je…« . Une autre bulle interrompt son discours : « Tu vas fermer ta g….. ouais, y en a qui bossent demain« . Super ChôChô était .

Ce petit personnage, chômeur à temps plein, fait rire avec un thème à priori très sérieux : le… chômage. « En octobre 2012, à peine diplômé de l’université, je me mets à chercher du boulot. J’enchaîne alors l’envoie de CV, de lettres de motivation et les entretiens d’embauche. Très vite, je déchante. On me demande un, deux ou trois ans d’expérience. Trouver du travail dans ma filière ne va pas être simple, surtout que c’est la crise« . En mars 2012, il y avait 20,62% de chômeurs à Bruxelles. Parmi eux, des diplômés aussi, bien sûr. « Ce n’est plus comme il y a 20 ans. Être diplômé de l’université ne protège plus du chômage aujourd’hui« , explique Sébastien.

Sébastien se tourne alors plutôt vers la communication, secteur dans lequel il travaille maintenant. Mais durant sa recherche d’emploi, il ne peut pas rester sans rien faire. Il se remet au dessin. Et invente Super ChôChô. « C’est super important de faire rire avec un tel sujet. Parce que la crise et le chômage, ce sont des sujets angoissants. Il faut pouvoir les dédramatiser« . Chaque détail est soigneusement pensé. « Il porte un masque parce que c’est la honte d’être chômeur, encore aujourd’hui, ce n’est pas bien vu. Il est en pantoufles et en slip parce que c’est comme cela qu’on se représente le chômeur, dans les clichés« .

Les allocations, les pistons, la recherche d’emploi, autant de thèmes abordés par ses dessins. Le trait est vif, le ton est léger et ça paye. « J’ai montré mon dessin à ma copine. Elle a d’abord ri puis m’a conseillé de le poster sur Facebook. J’ai eu beaucoup de likes. J’ai alors décidé de créer ma propre page. Et j’en suis déjà à plus de 300 likes« . Il avoue avoir eu peur au début. « Qu’on me critique parce qu’on pense que je me « moque » du chômage, alors que pas du tout, le gens s’y sont vite retrouvés. On sait tous par exemple qu’Actiris ou Le Forem, c’est la galère ! » .

Son dernier dessin évoque le site Flemme.be, qui postule à la place du chômeur. « On est encore dans la stigmatisation avec un nom pareil !« , s’insurge Sébastien.

Grande touffe de cheveux noirs, traits spécifiques du visage, il y a beaucoup de Sébastien dans son personnage. « C’est vrai« , avoue-t-il du bout des lèvres, avant de filer vers d’autres projets.

Parmi ceux-là, un partenariat avec Lapige.be, qui soutient son initiative. Chaque semaine (ou plus en fonction de l’actualité), vous retrouverez un dessin de Super ChôChô sur le côté droit de notre site !

 

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La page Facebook de Super ChôChô

Camille Wernaers (et dessin spécial pour l’occasion de Sébastien Theys)

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