L’ULB s’ouvre à l’Empire du Milieu

Ce samedi, ne vous étonnez pas d’entendre des explosions dans la rue et de voir des fusées tenter péniblement d’atteindre le ciel. Ce ne sera pas une invasion de la capitale par les Flamands mais seulement le Nouvel An chinois! Généralement discrets, les Chinois sont pourtant bien présents en Belgique ainsi qu’à l’ULB. L’université lance d’ailleurs dès vendredi des événements pour marquer l’amitié entre la Belgique et la Chine (pendant que l’UE fait de même). Mais si l’Empire du Milieu est un pays magnifique, il n’en reste pas moins une des pires dictatures du monde. L’ULB saura-t-elle également insister sur le « Libre » qui figure au centre de son nom?

L’ULB ouvre les festivités par un clin d’œil sympathique ce vendredi puisque le restaurant Chez Théo proposera des spécialités chinoises. On se demande néanmoins si les clichés seront présents et on imagine bien les hésitations des clients concernant l’origine de la viande servie. Plus sérieusement, l’ULB lancera également un site web en mandarin pour attirer des étudiants et chercheurs chinois dans ses filets. En espérant que des problèmes techniques comme ceux rencontrés par MonULB en début de semaine ne soient de la partie.

Signe d’une ouverture internationale, l’ULB accueillera tout le long de l’année (dès avril) des visiteurs provenant de différentes universités chinoises. Ce n’est pourtant pas une nouveauté puisque les contacts se sont multipliés entre l’université et différents partenaires de Shanghai (Universités de Fudan, Jiao Tong, Tongji, East China Normal University) et de Pékin (Universités de Beihang, Peking University, Beijing University of Technology, Université de Droit et Sciences politiques, Beijing Foreign Studies University). Ces échanges constituent une étape importante pour la coordination et la mise en commun des savoirs et des techniques des universités.

Les étudiants ne sont pas en reste puisque la Sino-Belgian Academic Student Association (SIBA) a vu le jour il y a peu. Présents à l’ULB, mais aussi à l’UCL, ses membres organisent d’ailleurs un drink ce samedi et ont pour but de faciliter l’intégration des étudiants chinois à l’ULB mais également de faire découvrir les cultures respectives. A peine créée, l’organisation a déjà prévu une série de conférences sur le thème des relations de la Chine avec les différents continents.

Mais si tant d’enthousiasme peut se comprendre, plusieurs questions méritent de se poser. Si l’ULB met en avant ses partenariats et ses échanges, on s’interroge par exemple sur les opportunités du département de journalisme de l’ULB (qui occupe le D11) face à un pays qui cadenasse sévèrement la liberté d’expression. Et nous espérons également que des conférences et des débats oseront porter sur des thèmes majeurs pour la Chine comme le changement à la tête du Parti Communiste, l’existence de camps de travail, la corruption généralisée ou le sort peu enviable réservée aux femmes. Mais des objections pourraient alors être déposées comme lors de la validation du cercle BDS.

Cédric Dautinger

1 Comment

  1. MLC

    9 février 2013 at 2:05

    Par compte, on peut compter sur le Recteur pour rappeler à nos amis chinois les dangers d’une presse libre; ainsi ce dernier complot du journal Le Soir contre l’ULB dénoncé par Didier Viviers…(sic):
    http://blog-recteur.ulb.ac.be/

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