L’ULB se durcit pour les étudiants étrangers

Votées ce lundi 18 février, de nouvelles mesures modifient les critères d’admission au niveau économique et académique des étudiants étrangers (comprenez: hors-Union Européenne) à l’ULB. Le Conseil d’Administration défend ces changements alors que d’autres les dénoncent vivement. La question de l’accueil des étudiants étrangers a souvent fait polémique au sein de l’ULB et ces changements ravivent les débats. Décryptage.

Les changements adoptés prévoient dorénavant une caution de 200€ pour tout étudiant étranger qui souhaite introduire une demande d’inscription. Cette somme est déductible du minerval mais est également perdue en cas de refus d’inscription. Un choix assumé pour réduire le nombre de demandes non-fondées et ainsi réduire les retards administratifs. Selon l’ULB (Nicolas Dassonville est cité dans la presse), 90% des dossiers (des étudiants étrangers) ne seraient pas admissibles. En 2012, 27 inscriptions ont été effectives sur 220 demandes admissibles pour 2.275 dossiers introduits! Pourtant, les étudiants du monde entier (y compris de Belgique) peuvent l’attester: s’inscrire à l’ULB représente souvent un casse-tête. Les critères d’admission se trouvent difficilement, surtout lorsque l’on vient d’une autre université, et les lourdeurs administratives (comme le fiasco de Smiley) ne facilitent pas les demandes.

Les critères d’admission pour les étudiants étrangers deviennent également plus rigoureux. La moyenne de 12/20 pour les études secondaires passent à 13/20 et il ne faut avoir raté aucune année d’études supérieures pour introduire une demande valable. L’ULB y voit une harmonisation par rapport aux autres universités de Belgique alors que les étudiants FGTB trouvent cette mesure élitiste. Notons que le premier point, concernant la caution, reste spécifique à l’ULB.

D’ailleurs, cette mesure est jugée discriminantes par Ghislain Mathieu, porte-parole des étudiants FGTB, puisqu’elle constituera un frein important pour les étudiants étrangers (200€ de caution, perdus si l’admission échoue, cela représente une somme importante dans d’autres pays). « Les autorités ne s’en cachent même pas. Elles tentent uniquement de se justifier. Quand on dit que ça a pour but de diminuer le nombre de candidature, on admet qu’on discrimine. » Il critique également les autres mesures prises. « Ce ne sont pas des justifications, juste des atermoiements d’écoliers de primaire ! En gros, l’une des justifications avancées , c’est: on ne fait rien de grave puisque les autres le font. C’est d un niveau intellectuel déplorable ! C’est dans les autorités qu’on devrait imposer un certain élitisme… Pour les prétendues fausses inscriptions, ça tient d’abord d’un certain racisme latent au sein de l’institution universitaire qui voit dans certaines inscriptions de certaines populations (lisez non blanche), des candidatures considérées d’emblée comme douteuses. Deuxièmement, les déclarations sont d’une hypocrisie sans nom puisque c’est l’université qui pose elle-même les critères d’inscription. Si ceux-ci font tant de dégâts, ce n’est pas uniquement la faute des étudiants! »

Des actions étudiantes sont prévues dans quelques semaines pour protester contre ces nouvelles mesures.

Cédric Dautinger

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