Edito du lundi : le roi de fous

Chaque lundi, les deux co-rédacteurs en chef analysent et décryptent un fait marquant de la semaine écoulée par un édito et une caricature acerbes. Ne ratez pas cette nouvelle occasion de vous informer. A bientôt !

Camille Wernaers et Cédric Dautinger

Ah, le carnaval et son subtile mélange de costumes, maquillages, confettis et d’âneries. Cette année n’a pas échappé à la règle.

Ça a commencé fort par la censure d’une affiche de Kroll. Le caricaturiste a eu l’idée, saugrenue vraiment, de représenter un Gille de Binche en femme (non non pas le contraire), dans la pose mythique de Marilyn Monroe,  au-dessus d’une bouche de métro. L’exposition que la caricature devait illustrer s’intitule le Gille sens dessus dessous. Représenter un Gille « jupe relevé » avait donc pas mal de sens.

 

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Et pourtant. Émoi auprès des autorités binchoises, la caricature est refusée au nom du fait que cela aurait « choqué ». Et au nom des « traditions ». Des traditions du genre patriarcales et archaïques, mais en existe-t-il seulement d’autres sortes à défendre.  

Je sais, je sais, imaginer une femme en Gille de Binche, c’est aussi imbécile que de l’imaginer Président des États-Unis ou  interviewée en tant qu’experte (et non maman, témoin oculaire, pleurnicharde, j’en passe et des pas mûres) sur RTL-TVI. Mais quand même.

Autre affaire retentissante, ciblant un autre grand comique, grâce à qui on se sent un peu en carnaval tous les jours : Bart De Wever. Voilà que le terrible carnaval d’Alost « ose » représenter Bart De Wever et deux autres de ses grands amis en officiers SS et que le parti de Bart voit son nom se changer en SS-VA. Rapport aux dérives nationalistes de plus en plus flagrantes de Bart et de son parti, aux dernières nouvelles, celui dont on ne doit prononcer le poids voulait interdire aux fonctionnaires d’Anvers de porter des t-shirt trop bariolés, parce que cela faisait « pédé » tandis qu’un autre des sains d’esprit de son parti entend faire payer plus cher les démarches pour les  « étrangers » qui veulent s’installer à Anvers. Don’t act.

 

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Est-ce voir Elio caricaturé en juif déporté vers Auschwitz ou voir la caricature s’approcher autant de la vérité, peut importe la raison, ces caricatures ont fait jaser. Elles ont « choqué ». Précisément. Mais pas Bart, qui, grand prince, s’en sort en ne s’offusquant même pas. La communication de tout façon, ça le connaît.

Alors, ça a beau être le carnaval, je n’ai pas beaucoup ri. Remontons quelques années en arrière. Lors de l’affaire des caricatures de Mahomet. Nous, brav’ Occidentaux, avons estimé qu’il fallait laisser primer la liberté d’expression. Même quand l’une des caricatures montraient Mahomet en terroriste (portant un turban en forme de bombe), mettant par là la religion musulmane dans son entièreté dans le même panier intégriste.

De deux choses l’une. Soit l’exigence de liberté d’expression s’applique à tous et de la même manière, et on laisse les gens caricaturer des faits de société importants, que les caricatures  soient de bons ou de très mauvais goûts d’ailleurs (SS-VA) . Soit, on permet la censure.

Parce que le deux poids, deux mesures, j’ai toujours trouvé ça de mauvais goût. 

« Ceci n’est pas une caricature »

 

 Edito17

Camille Wernaers pour l’édito et Cédric Dautinger pour la caricature

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