Dennis Quaid en justicier cowboy

Après Glenn Close, Tim Roth, ou encore Gabriel Byrne, c’est au tour de Dennis Quaid (The Day After Ttomorrow) de passer du grand au petit écran. Dans la série Vegas, il incarne un propriétaire de ranch promu sheriff dans les années 60. L’histoire vraie d’un homme choisi pour mettre de l’ordre dans un Las Vegas en pleine expansion La Pige commente les premiers pas de Quaid dans la peau du sheriff Ralph Lamb.

Ralph Lamb est resté Sheriff de Las Vegas de 1961 à 1979. Le temps pour lui de métamorphoser la police de la ville. Le temps aussi de créer sa légende de « cowboy shériff ». Incorruptible, très efficace et toujours à cheval, il n’a eu de cesse de lutter contre la Mafia derrière les casinos. Un rôle parfait pour Dennis Quaid. Bien qu’il n’ait pas joué que des gentils, il continue de représenter le héros américain par excellence. Il endosse donc le rôle d’un sheriff hors-norme, attaché à ses valeurs et à sa terre. Un rôle qui lui permet de montrer qu’à 58 ans, l’acteur est toujours en forme. Il court, monte à cheval, et surtout frappe. Beaucoup. Plus que le vilain mafieux incarné par Michael Chiklis (The Shield). Alors que le rôle de Quaid est en fait assez banal, celui de Chiklis est rafraîchissant. Il incarne Vincent Savino, mafieux venu de Chicago pour remettre les choses en ordre au casino Savoy. Et ce qui le différencie des dizaines de mafieux déjà vus sur les écrans, c’est qu’il doute. Pris de vitesse par les forces de l’ordre, il apparaît nerveux, le regard affolé face à ses hommes. Il n’hésite pas non plus à mettre la main à la pâte, ce qui est rare pour un gangster de son rang. Savino est en fait très humain, au sens premier du terme. A se demander qui le public soutiendra : un policier sans faille ou un criminel beaucoup plus humain ? Team Lamb versus Team Savino ?

 

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Le vrai Ralph Lamb, entouré de Michael Chiklis et Dennis Quaid

 

Un casting de qualité

Certaines séries se contenteraient des deux têtes d’affiche. Surtout quand Dennis Quaid est l’une d’entre-elles. Pas ici. Pour l’inévitable romance impossible, les créateurs se sont tournés vers la belle Carrie-Anne Moss (Matrix). Adjointe du procureur (bien entendu véreux), elle côtoie le sheriff Lamb quotidiennement. Ce qui donne lieu à de nombreux non-dits enrobés de tension sexuelle. Si on ignore ce qu’il s’est passé entre eux, on ne peut s’empêcher d’espérer que le personnage de Katherine O’Connell prendra de l’ampleur. Pourquoi s’offrir une actrice comme Moss si elle ne sert qu’à faire baver Quaid ? Car c’est là que le bât blesse. Les autres acteurs sont bons, parfois reconnus. Et pourtant ils semblent faire de la figuration. Après avoir été le héros de la trop courte « Terra Nova », Jason O’Mara se retrouve dans la peau du frère de Ralph Lamb. Un rôle d’ombre qui suit Quaid partout, même dans la police. Car chez les Lamb la loi se défend en famille. Pour compléter le tableau il était donc normal que le fils volage de Lamb, interprété par Taylor Handley, prenne les armes pour assister son père. Reste aux scénaristes la lourde tâche de donner de l’épaisseur à ces personnages. Cela semble faisable lorsqu’on voit Sarah Jones arriver. La récente héroïne de la série « Alcatraz » vient compléter l’équipe de Michael Chiklis. Dans son rôle de mafieuse douée avec les chiffres, elle tient tête à Savino. Il semble encore une fois que la partie mafieuse de l’histoire soit plus originale. Messieurs les scénaristes, donner de la personnalité aux personnages qui entourent Dennis Quaid ne nuira à votre héros que s’il est lui-même mal écrit.

 

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Une histoire à améliorer

Au final, Vegas est encore une série policière (la police semble être un élément fascinant pour les scénaristes d’aujourd’hui). A chaque épisode son crime à résoudre. Les deux premiers ne brillent pas par leur intérêt. Ils ont le bon goût de montrer que l’argent corrompt. Et d’ainsi créer à distance l’affrontement entre le Sheriff Lamb, qui refuse par exemple de se faire offrir un café, et Vincent Savino, dont le but est de faire des profits. Le second bandit arrêté le résume ainsi : « Autrefois c’est le meilleur cowboy qui partait avec la fille, maintenant c’est celui qui touche le plus de pourboire« . Vegas dénonce en fait surtout les méfaits du capitalisme, en nous rappelant qu’avant d’être cet amoncellement de néons, Las Vegas était une ville de fermiers. Les années 60 ont été un tournant. Reste qu’il est agréable de voir un policier faire la loi façon Far West. Car si la modernité arrive (amenée entre autre par le vrai Ralph Lamb), les méthodes policières dépeintes par la série sont… bien d’époque. Dennis Quaid rentre dans une maison suspecte sans taper à la porte en criant « Police ! » et  frappe un prisonnier inconvenant avec Carrie-Anne Moss. Pas glorieux. Habitués des Experts, passez votre chemin.

En conclusion, les deux premiers épisodes de Vegas ne laissent pas un souvenir impérissable. Le casting, les années 60, Las Vegas, la Mafia… Tout est réuni pour faire une série intéressante. Et ne pas se contenter de « Dennis Quaid joue au sheriff ». La saison 1 a été prolongée pour compter 21 épisodes. 19 chances de faire mieux.

First look à la série (les 19 premières secondes suffisent)

 

Mathilde Corberand

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