L’erreur judiciaire mise en scène : ou comment traiter d’un tabou

C’est à deux pas de l’ULB, au théâtre de la flûte enchantée, que se jouera « Erreur Judiciaire », une pièce écrite par Marc Helsmoortel, avocat et auteur ucclois, dès le 26 janvier. En exergue de sa pièce, on peut lire : « En définitive, il n’y a qu’une seule « erreur », la judiciaire ! Celle dont on ne se remet jamais ! »

Écrite à Paris, entre le Balzar et le Polidor, tandis qu’il assistait aux dernières représentations de sa pièce Des pierres, rien que des pierres, jouée plus de quinze mois à la comédie Saint Michel (!), « Erreur » — titre original de la pièce — traite d’un sujet tabou dans le monde judiciaire. « Parce-qu’on vous prive de liberté, de votre vie, et ce parfois pendant des années, c’est bien l’erreur la plus injuste qui soit ! » assène l’avocat. « Erreur  » traite donc de cela, par l’entremise d’une anti-héroïne — Louise Lenoir — qui, victime d’une erreur judiciaire l’ayant accusée à tort d’un crime, décide pour se venger d’en commettre un pour de vrai, « pour que la justice paie sa dette envers elle ».

C’est que Louise Lenoir a ses raisons : ce temps passé en prison a vieilli son corps de femme ; « L’erreur » lui a volé ses meilleures années, qu’elle ne récupérera jamais plus. Mais qui choisir, alors ? Une victime innocente, comme elle ? Ceux qui l’ont accusée, à tort, d’un crime qu’elle n’avait pas commis ?

Que coûte vraiment une erreur judiciaire ? La réparation matérielle des dégâts provoqués suffit-elle vraiment ? C’est toute la question posée par Marc Helsmoortel, lequel connaît bien le sujet. « Il m’est arrivé de défendre des personnes victimes d’erreur judiciaire, une femme notamment. Le préjudice va bien au delà de la privation de liberté et c’est de cela que j’ai voulu traiter, via l’expérience de Louise Lenoir. »

Sur le papier, la pièce a un petit goût de roman noir : l’histoire se déroule entre un paquebot et une cours d’assise, ce qui n’est pas sans rappeler Lune de Fiel, de Roman Polanski. Louise, pianiste de profession, n’est pas sans rappeler l’héroïne tragique du film de Jean-Pierre Melville, Le samouraï. Sur scène, la mise en place est assurée par Jean-Luc Duray, qui avait déjà adapté Race !, du même auteur. « C’est un metteur en scène qui comprend mon théâtre », confie l’auteur. Un théâtre, qui, à l’image du dénouement d’« erreur judiciaire », n’est jamais tout noir ou tout blanc, et laisse une nouvelle fois place au doute : « Non, la justice n’est pas infaillible, nous dit Helsmoortel, car elle est le fruit des Hommes. »

Site officiel.

Horaires:

-dès le 26 janvier à la Flûte enchantée à 20h30

Clément Boileau

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