Hors les murs, un film salutaire et d’actualité

Lorsque Paulo (Matila Malliarakis), jeune pianiste à la vie presque rangée, rencontre Ilir (Guillaume Gouix), un bassiste d’origine albanaise, c’est aussitôt le coup de foudre. Du jour au lendemain, malgré les réticences d’Ilir, habitué à une vie solitaire, Paulo quitte sa copine pour s’installer dans une minuscule chambre avec lui. Mais le jour où Paulo promet à Ilir de l’aimer pour la vie, Ilir quitte la ville pour un concert… et ne revient plus.

 

horslesmurs

 

Pas facile d’aborder la question de l’homosexualité et de l’amour entre personnes du même sexe sans tomber dans le cliché facile, des années et des années de films sur le sujet servant de preuves. Or, c’est ce que réussi à éviter David Lambert, réalisateur et scénariste belge de son état, dans son nouveau film Hors les murs. Les critiques ne s’y sont pas trompées, le long-métrage a notamment remporté le Grand Rail d’Or à la Semaine de la Critique à Cannes, en 2012.

 

 

Le réalisateur et les acteurs ont su trouver le ton juste, celui notamment qui permet de croire à cette histoire qui s’installe en plein cœur de Bruxelles (on reconnaîtra d’ailleurs avec plaisir, pour les Bruxellois, le décor de nos propres amours). Car les drames qui arrivent à Paulo et Illir peuvent être les nôtres. Le cinéma belge confirme ainsi sa capacité à filmer le réel avec une loupe qui réfléchit sur nos vies.

Le film parle donc d’amour romantique, oui, mais aussi de sexualité entre deux hommes. Parfois crûment. Sans faux semblant. Et qu’ils sont beaux. Que c’est rafraîchissant alors que l’actualité nous le rappelle depuis quelques jours : les arguments du plus absurdes aux plus graves sont utilisés contre l’union de deux personnes du même sexe.

Confrontation des corps mais aussi de deux cultures, de deux personnalités attachantes et de deux parcours différents,  l’histoire qui se met en place mènera nos deux protagonistes de l’insouciance des débuts à plus de maturité. Le film évité les clichés dans la description de nos relations amoureuses. Et le drame romantique de prendre une autre tournure quand on apprend pourquoi Illir ne revient pas. Difficultés de l’amour à distance, délit de faciès et propos non culpabilisants sur l’usage de la drogue au programme.

On n’a plus qu’une chose à demander à David Lambert : s’il-vous-plait penchez-vous sur l’amour entre deux femmes avec autant de justesse !

Retrouvez le film le 23 janvier au Galeries à Bruxelles, aux Grignoux à Liège, au Plaza Art à Mons, au Sphinx à Gent, au Cinéma l’Ecran à Ath et à partir du 30 janvier à l’Imagix à Tournai!

Camille Wernaers

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