Django: Tarantino se déchaîne

Deux ans avant le début de la Guerre de Sécession qui aboutira à la fin de l’esclavagisme aux USA, l’esclave Django rencontre un curieux « dentiste » allemand sur sa route. Libéré, Django « Freeman » ne fuira pourtant pas les négriers et autres visages pales. Il n’aura qu’une idée en tête: libérer sa femme, retenue dans une plantation. Avec l’aide du docteur King Schultz (et de son cheval Fritz), qui voit en Django un Siegfried des temps modernes. Un western simple et un scénario ancestral, adaptés à la sauce Tarantino qui a toujours voulu rendre hommage à Sergio Leone, ça donne quoi?

 

Django-Gray-FR_without_logo

 

Ces dernières années, les westerns ont le vent en poupe. On pense au True Grit des frères Cohen ou encore aux remakes de 2:10 for Yuma ou Appaloosa. Django Unchained est également un remake (l’original étant de Sergio Corbucci), réalisé d’une main de maître par Quentin Tarantino et déjà favori pour plusieurs récompenses. La recette pour un tel succès? Une esthétique toujours aussi soignée chez Tarantino, tout comme ses ambiances sonores ou le choix des musiques allant du thème oublié de Morricone à du RnB lourd bien moderne.

Il commente d’ailleurs la création et le choix des musiques du film (attention, spoilers inside):

 

Aucun détail n’est donc laissé au hasard, de l’incrustation de titres dans le film, de l’usage de certains mots dans des langues étrangères (dont le français) ou dans le casting fabuleux (certains acteurs créant la surprise). On retient forcément les interprétations de Jamie Foxx (Django) et de Christoph Waltz (Schultz, déjà récompensé deux fois pour son rôle dans Inglorious Basterds de Tarantino) mais chaque rôle, aussi éphémère soit-il, marque le spectateur. Comme à son habitude, Tarantino offre des dialogues savoureux et des scènes gores filmées d’une main de maître (mention spéciale par exemple au raid).

Certaines scènes sont drôles et d’autres mettent mal à l’aise. Car si le film fait beaucoup parler de lui aux USA, c’est pour les horreurs de l’esclavagisme qu’il montre sans pudeurs. Un passé difficile à assumer mais qui marque au fil rouge les esprits (on l’espère pour éviter que l’Histoire se répète), comme pour le film Lincoln d’ailleurs. On éprouve même de la compassion pour Django dans son boulot de chasseur-de-prime qui consiste, en gros, à tuer des hommes blancs. Car c’est bien le racisme qui est tourné en ridicule, donnant envie de rire et de pleurer en même temps.

Et comme Lincoln, le film dure environ 2h40, de quoi parfois s’ennuyer (surtout dans la deuxième partie). Heureusement, le rythme reprend alors que les spectateurs pensent que la fin est survenue (encore une blague de Tarantino). Django Unchained frappe fort et place la barre très haut pour les autres films qui doivent sortir en 2013. On lance un jeu pour les plus fous: saurez-vous reconnaître l’acteur principal du premier Django (1965) lors de son apparition dans ce film?

 

Le site officiel.

 

Cédric Dautinger

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>