L’édito du lundi : sale temps pour les policiers

Chaque lundi, les deux co-rédacteurs en chef analysent et décryptent un fait marquant de la semaine écoulée par un édito et une caricature acerbes. Ne ratez pas cette nouvelle occasion de vous informer. A bientôt ! 

Camille Wernaers et Cédric Dautinger

Qu’il est dur d’être policier de nos jours. 

C’est vrai, mettons-nous cinq minutes à leur place (mais juste cinq minutes hein). Des contestations sociales, en veux-tu en voilà (et même pas justifiées en plus), des manifestants à foutre en cellule en soirée (mais quelle idée de manifester après les heures de travail !), des viols collectifs qui font les choux gras de la presse (si on ne peut même plus s’amuser), voilà que maintenant les restrictions budgétaires les privent de bics (comment écrire les amendes administratives à envoyer à ces cons de manifestants?) et, beaucoup plus grave… plus de papiers toilette. Alors là, c’est le pompon (l’histoire ne dit pas si c’est celui du bonnet du Père Noël).

Non mais vraiment, on ne peut même plus garantir des conditions de travail décentes à nos policiers. Ceux qui sont censés nous protéger/ oppresser/ surveiller/ em…merder. Cocher la case inutile.

Ça la fout mal quand même. 

Bon allez allez, on sait bien qu’il y a les travailleurs d’Arcelor Mittal, ceux du Soir et puis ceux de Dexia Banque aussi qui vont passer un Noël Joyeux. A cause des « restrictions budgétaires », ce n’est pas uniquement de papiers toilette dont ils vont manquer. Mais qui a besoin des journalistes ? Ou de la sidérurgie ? Ou de banquiers ?

Le monde change, hé oui. Place au tout sécuritaire. Qui c’est qui va nous protéger contre l’arabe/ la chinoise / le noir du coin. Ne cochez rien, on prend tout. Et bah, c’est les policiers.

Des policiers gentils gentils dont certains n’ont pas hésité à tabasser les jeunes de la manifestations anti-fasciste, coincé dans le métro (ouh que c’est dangereux, dans le métro, vous imaginez ?).

Mais qui n’ont même pas arrêtés administrativement les manifestant du groupe d’extrême-droite Nation, venu faire du rififi cette semaine sur la Grand Place. Pour protéger nos « valeurs ».

Ils avaient amené une branche de sapin avec eux, mais pas de papier toilette pour leurs amis les policiers. C’est vraiment méchant. Mais bon parfois, on se contente de ce qu’on a.

C’est quand qu’ils manifestent avec nous les policiers ? Pour des conditions de travail décentes. Et moins de « restrictions budgétaires »?

Promis, moi je leur apporte un peu de papier toilette. Et pas une branche de sapin. En ces temps très très très difficiles : faut apprendre à partager.

« Koooot, kot kot. Kot »

 

Camille Wernaers pour l’édito et Cédric Dautinger pour la caricature

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