Qui a peur du méchant vilain cloporte de la mer qui tue?

A priori personne. Sauf quand ces cloportes marins (habituellement, de charmants petits crustacés) mutent et attaquent tout ce qui ose toucher de l’eau. Pire, ils contaminent l’eau pour que l’eau tue tout ce qui la touche. Et en plus, ils prennent contrôle de votre corps et déciment la population d’une ville américaine. C’est ridicule? Oui. C’est pourtant le scénario du film The Bay. La Pige vous explique pourquoi il faut éviter de nager en ce moment et pourquoi il vaut mieux ne pas regarder ce film.

 

 

Il fait froid, donc il vaut mieux ne pas nager sauf en piscine chauffée. De toute façon, il est plutôt déconseillé de se baigner dans les eaux belges à cause des saletés et de la pollution. Et une fois par an, pour l’occasion du big jump, vous pourriez même vous faire attaquer par une ministre flamande en eaux troubles!

Et justement, c’est pour dénoncer la pollution que The Bay essaye de nous faire peur. Prenez une paisible bourgade typique des USA, avec sa population bien comme il faut qui vote sans doute républicain, un maire un petit peu corrompu par une grande exploitation industrielle qui élève des poulets à coup d’hormones rejetés ensuite dans l’eau. Et voilà pourquoi tout le monde se fait massacrer par des crustacés mutants pas beaux et pas gentils. Comme les films de zombies, l’ancrage du film se base donc sur une peur contemporaine et une tentative d’alerter le spectateur. C’est en tout cas le but de Barry Levinson qui ne prend pas des pincettes pour nous le faire comprendre, au contraire des maîtres du genre comme Romero. Le bougre a pourtant une longue filmographie à son actif (Avalon, Donnie Brasco, etc.) mais la plupart de ses films ne sont pas restés dans les mémoires des cinéphiles.

L’affiche annonce en grand que les producteurs du film (comprenez ceux qui ont donné l’argent) sont ceux de Paranormal Activity et Insidious. On comprend également comment le film a été tourné. Avec un budget sans doute plus gros qu’il n’y paraît (Blair Witch restera un cas d’école) mais en visant un maximum de rentrées financières en créant le buzz. Comme lorsque The Bay essaye de nous faire croire que les événements filmés sont de réelles archives rapportées par une pseudo-journaliste. On a donc droit à de la caméra à l’épaule qui tremble et qui cadre mal ou a des pseudos-enregistrements qui feraient passer la qualité de vos vidéoconférences Skype pour de la HD.

Mais pire, c’est sans doute que le film ne fasse pas peur et passe vraiment à côté de sa vocation d’interroger le public sur les déversements industriels dans les océans… Au point même de faire passer les vrais messages d’alertes des écologistes pour une vaste blague de mauvais goût.

 

Sortie en salle ce mercredi 21 novembre 2012.

Cédric Dautinger

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