La Méditerranée s’invite à Bruxelles

Chaque année depuis douze ans, l’un des festival de films les plus prolifiques s’installe dans la capitale : le Festival Cinéma Méditerranéen. Du 9 au 17 novembre, les trois salles du Botanique vivront au rythme de cette région prolifique. Plus de 70 films seront proposés, dont beaucoup d’inédits. De quoi passer cette fin d’automne au chaud de manière intelligente.

 

 

Italie, Albanie, Grèce, Maroc, Serbie, Albanie, Macédoine, Turquie, et encore beaucoup d’autres. Au total, ce sont des films et des fictions de plus de 20 pays que proposent le Festival Cinéma Méditerranéen (Med pour les intimes). Une vraie invitation à la multiculturalité en plein centre de Bruxelles, qui s’accompagne de tables rondes, de concerts, d’expositions et d’un marché, le tout pour un prix abordable, jugez plutôt : 5 euros pour les fictions (mais 4 euros pour les -25 ans, +60 ans, les demandeurs d’emploi et les moins valides)  et 3 euros pour les documentaires.

Parmi la pléthore de films et documentaires en compétition, La Pige a sélectionné ceux que vous ne devez pas rater  :

 

En compétition Internationale :

 

Amnistie  de Bujar Alimani    

Le gouvernement albanais vient de publier une loi permettant aux prisonniers mariés de rencontrer leur conjoint dans l’intimité une fois par mois. Elsa se rend donc à date précise à Tirana pour rencontrer son mari, emprisonné pour loyers impayés. Sheptim s’y rend également pour rencontrer son épouse, incarcérée pour faux et usage de faux. Entre eux deux, une tendre histoire d’amour va naître, une histoire destinée à s’achever quand leurs conjoints respectifs sortiront, grâce à une amnistie. 

 

 

 

È stato il figlio de Daniele Cipri

Palerme, les années 70. Une petite fille est accidentellement tuée lors d’une fusillade dans son voisinage. Sa famille, très modeste et en deuil, découvre qu’il existe un fond d’indemnisation des victimes de la Mafia. Présumant que l’argent arrivera vite, la famille commence à tout dépenser sans même l’avoir reçu… 

 

 

Kuma (Une seconde femme) de Umut Dağ

Fatma vit à Vienne où elle essaie de préserver les traditions et le prestige social de sa famille d’immigrés turcs. Ayse, 19 ans, est choisie dans un village en Turquie pour épouser leur fils et se joindre à la famille. En réalité, selon le souhait de Fatma, qui se sait malade, Ayse est secrètement promise au père en tant que seconde épouse. Cet événement va mettre en péril l’équilibre de toute la famille, qui devra faire face au regard de la communauté autrichienne et à de nouvelles difficultés… 

 

Les Voisins de Dieu de Meni Yaesh

Avi, Kobi et Yaniv, trois bons copains, se sont auto- désignés surveillants d’un quartier de Bat Yam en Israël. Ils sont jeunes et savent se battre. Ils surveillent les tenues des femmes, font respecter le shabbat et s’assurent que les Arabes de la ville de Jaffa n’entrent pas dans le quartier avec leurs voitures diffusant de la musique tonitruante. L’équilibre de la bande vacille le jour où Avi, le chef de la bande, tombe amoureux d’une jeune fille. 

 

En compétition Panorama :

 

A.C.A.B -­ All Cops Are Bastards de Stefano Sollima

A.C.A.B., ou « All Cops Are Bastards », était un slogan utilisé en Angleterre dans les années 1970 par les skinheads. Rapidement, il s’est propagé dans les rues et les stades, propices aux guérillas urbaines. Cobra, Nero et Mazinga sont trois « flics bâtards » qui, à force d’affronter le mépris quotidien, ont pris l’habitude d’être les cibles de cette violence. Leur unique but est de rétablir l’ordre et de faire appliquer les lois, même s’il faut pour cela utiliser la force… 

 

Cairo 678 (Les Femmes du bus 678) de Mohamed Diab

Fayza est une mère de famille pétrie de valeurs traditionnelles qui réclame justice. Seba est une riche créatrice de bijoux qui tente de se remettre d’une agression collective particulièrement vicieuse. Nelly, une comédienne prometteuse, soulève l’indignation générale pour avoir osé déposer plainte pour harcèlement sexuel. Toutes trois déçues par la nonchalance des autorités, décident de combattre le machisme agressif et impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Déterminées, elles vont dorénavant humilier ceux qui les humiliaient.  

Le Cochon de Gaza de Sylvain Estibal

Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon tombé d’un cargo. Bien décidé à se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable. Le pauvre Jafaar se lance alors dans un commerce rocambolesque et bien peu recommandable…  

Habibi de Susan Youssef

Inspiré d’une des légendes les plus populaires d’Orient, Habibi nous conte l’amour interdit de deux jeunes étudiants palestiniens. Qays et Layla étudient sur la rive occidentale du Jourdain mais sont forcés de retourner à Gaza où leur amour est interdit. Des graffitis apparaissent sur les murs de la ville : le moyen pour Qays de défier la tradition et de crier son amour pour Layla.

 

 

Louves (The Woman Who Brushed Off Her Tears) de Teona Strugar Mitevska

Helena est l’agent de probation de Lucien. Elle le considère un peu comme son fils depuis qu’elle a perdu le sien et elle l’aidera à fuir Paris pour rejoindre la Macédoine où sa femme Ajsun et son fils l’attendent. Louves, c’est l’histoire de deux mères. Helena cherchant fébrilement un exutoire à sa souffrance et à sa rage et Asjun, contrainte de vivre dans la honte infligée par le châtiment et la condamnation des autres. L’une devra assumer sa soif de vengeance, l’autre dépassera les limites des traditions patriarcales pour réunir sa famille et partager la vie de l’homme qu’elle aime.  

 

Voyage sans retour de Francois Gerard

Kad est né en France de parents maghrébins. Il fait l’erreur de voler des dealers de sa cité, qui se lancent à sa recherche. Des amis lui proposent de l’envoyer à l’étranger se mettre au vert dans une association à but humanitaire. Mais l’association se révèle un réseau de recrutement terroriste où Kad subit un conditionnement puis un entraînement aux techniques terroristes. Renvoyé chez lui pour poser des bombes, il rencontre une ancienne connaissance. Leurs échanges lui font prendre conscience de la vacuité de sa vie, de ses choix hasardeux et de l’impasse dans laquelle il s’est mis…  

 

Dans la catégorie coup de cœur du court :

5 Pounds de Mohamed Adeeb

Dans une ruelle du Caire, une vieille femme rentre chez elle après avoir fait les courses. Un homme mystérieux commence à la suivre. Ce qu’il veut d’elle est du règne de l’impensable. 

 

Aparición de Meryl Fortunat-­‐Rossi

15 mois après avoir reçu un terrible coup de corne, José Tomas, le torero de légende, fait son grand retour dans les arènes de Valencia. En ce jour de « Reaparición », des milliers d’aficionados sont venus des quatre coins du monde pour l’acclamer. 

 

Dad, Lenin and Freddy de Rinio Dragasaki

À Athènes, dans les années 1980, une fillette de 9 ans perd peu à peu contact avec son père, communiste et bourreau de travail. Elle s’imagine que Lénine veut lui faire du mal. Les choses empirent lorsque Freddy Krueger, le psychopathe des films américains, s’allie avec les Russes. 

 

Demain, Alger ? de Amin Sidi-­‐Boumediene

Trois jeunes discutent, en bas d’un immeuble, du départ imminent de leur meilleur ami. Chez lui, Djamel fait sa valise sous le regard plein de larmes de sa mère. Il hésite à dire au revoir à ses amis. Les trois jeunes attendent… 

 

La Media pena de Sergio Barrejon

À l’aube, un cadre est sur le point de se tirer une balle dans son bureau. Au moment de presser sur la gâchette, l’arrivée inopinée de la femme de ménage l’interrompt. Le cadre parvient seulement à se cacher et à l’espionner. 

 

Rafi (La couture) de Sandra Fassio

Bruxelles, 2011. Anna coud les costumes de Nicolas depuis des années. Dans cet atelier, ils parlent grec, en souvenir du pays qu’ils ont dû fuir à l’époque de la dictature des colonels. Mais ils ne l’ont pas quitté pour les mêmes raisons. Ce soir Anna verra sa routine brisée par une nouvelle funeste, ce soir Nicolas saura pourquoi Anna ne l’a pas tué. 

 

Sidewalk de Binevsa Berivan

C’est l’histoire de Mémo, un immigré kurde vivant avec son épouse dans l’un de ces entresols bruxellois. Cloîtré pour échapper aux contrôles et attendant patiemment le retour de son épouse, Mémo passe son temps à épier les passants par le soupirail. Dans cette danse de pieds défilant devant lui, Mémo se retrouve témoin d’histoires et de drames quotidiens sans avoir l’occasion de prendre position. 

 

Dans la catégorie MeDoc(umentaire) :

 

Ali Aarrass, pour l’exemple de Mohamed Ouachen

Ali Aarrass, citoyen belge détenu depuis plusieurs années dans une prison marocaine, est accusé de trafic d’armes dans le cadre de l’affaire Belliraj. Bien que le juge Garzon, en Espagne, ait conclu à un non-lieu sur son cas, Ali Aarrass est d’abord maintenu en détention puis extradé au Maroc, en dépit des recommandations du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU. Actuellement, Ali Aarrass croupit toujours dans les geôles marocaines. Le réalisateur Mohamed Ouachen est allé à la rencontre de la famille, du comité de soutien et des avocats d’Ali Aarrass. 

 

Hymen national de Jamel Mokni

Dans son film, Jamel Mokni aborde un sujet délicat : l’hymenorraphie ou reconstruction chirurgicale de l’hymen, pratique répandue en Tunisie. La perte de la virginité avant le mariage marginalise, exclut, voire condamne. Les jeunes femmes confrontées à ce problème n’ont pas le choix : pour échapper à la honte et espérer pouvoir construire un avenir parmi les leurs, elles doivent avoir recours à la chirurgie. Autour de témoignages de jeunes filles en détresse, c’est un véritable débat national auquel participent les différents intervenants du film. Tous s’interrogent sur les raisons qui peuvent pousser à une telle pratique. 

 

Même pas mal de Nadia El Fani et Alina Isabel Pérez

Quand Nadia El Fani part tourner Laïcité Inch’Allah ! , en août 2010, c’est avec un esprit frondeur, dans l’idée d’attaquer à la fois le régime dictatorial de Ben Ali qui instrumentalisait la religion, et l’hypocrisie sociale qui envahissait le quotidien des Tunisiens. L’Histoire, on le sait, a rattrapé son histoire et le sujet, à l’aune de la révolution, se retrouve au cœur du débat post révolutionnaire. Chronique du tournage et de la présentation de ce documentaire controversé ou adulé, Même pas mal détaille le double combat que la réalisatrice a mené contre son cancer et les attaques d’islamistes dont elle a été la cible. 

 

My Land de Nabil Ayouch

Nabil Ayouch donne la parole à de vieux réfugiés palestiniens qui ont fui en 1948 sans jamais pouvoir retourner sur leur terre, et qui vivent dans des camps au Liban depuis plus de 60 ans. Il propose ensuite à de jeunes israéliens de 20 ans de visionner ces interviews. Des jeunes qui construisent leurs pays, se sentent viscéralement attachés à leur terre, mais sans jamais vraiment savoir expliquer pourquoi. Entre ces deux mémoires, il y a une réalité. La réalité de deux peuples qui se battent pour la même terre. Il en ressort un dialogue à distance qui met en perspective ce conflit sous un angle avant tout humain. 

 

Revolution 101 de Doron Tsabari

Voyage au cœur de la réalité politique et sociale israélienne, ce film, sorte de docu-fiction, est non seulement un guide de la « révolution audiovisuelle » qui expose les voies possibles de changement, mais aussi un film sur le pouvoir du cinéma comme vecteur même de ce changement. De manière vivante et amusante, il montre le combat du réalisateur et de son producteur pour dénoncer les dysfonctionnements de la télévision publique israélienne inféodée au gouvernement israélien (à moins que ce ne soit le contraire…) afin de la restituer à son véritable « propriétaire » : le public lui-même. 

 

The Virgin, the Copts and Me de Namir Abdel Messeeh

Namir est un cinéaste français d’origine égyptienne. Alors qu’il regarde une cassette vidéo de l’apparition de la Vierge Marie en Égypte avec sa mère, celle-ci, comme des millions d’autres Coptes (Chrétiens d’Égypte), voit la Vierge sur l’écran. Mais lui… ne voit rien. Sceptique, Namir part en Égypte pour réaliser un film sur l’occurrence bizarre de ces apparitions. Entre le remontage de bretelles de son producteur et la surveillance effrénée et intempestive de sa mère, Namir tentera de trouver la Vierge que, décidément, tout le monde a vue un jour. 

 

Pour voir le reste de la programmation, ainsi que les jours et heures de diffusion, rendez-vous sur le site :

La programmation qui s’est également élargie dans un « festival hors des murs » :

  • Palais des Beaux-Arts de Bruxelles: film d’ouverture et projection du film « Les Chevaux de Dieux ».
  • A la Cinematek: Rétrospective Faouzi Bensaïdi.
  • Centre culturel Le Fourquet (place de l’Église 15 – 1082 Bruxelles)
  • De Pianofabriek (rue du Fort 35 – 1060 Bruxelles)
  • Cinéma l’Écran – rue du Gouvernement – 7800 Ath

 

Accès au festival:
Centre Culturel Le Botanique (3 salles de projection)
236, rue Royale – 1210 Bruxelles

Métro: Lignes 2 et 6 (Station Botanique)
Trams: 92-94 • Bus : 61-65-66 • De Lijn : 270-271-272-358

Parking Traversière à 2 pas du botanique (17, Rue Traversière – 1210 Bruxelles).

 

La Pige sera présente tout au long du festival. Soyez d’ailleurs attentifs ces prochaines heures car un concours ne saurait tarder !

 

Camille Wernaers

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