Festival du Film Méditerranéen : Habibi, touchant voyage en bande de Gaza

Le Festival de Film Méditerranéen se termine doucement, en attirant toujours plus de visiteurs. Plusieurs séances affichaient en effet complet ces trois derniers jours comme Parada, film serbe,  l’italien È stato il figlo, Cairo 678, film égyptien ou Le Cochon de Gaza. Jeudi, Italy : Love it or leave it était également sold out. Plus que deux jours de projection pour ce festival qui met la barre haut niveau émotions. La preuve avec le film Habibi, déjà prix du meilleur long-métrage du festival de Dubaï et qui concourt dans la section Panorama du Med.

 

 

Les histoires d’amour contrariées, comment dire ? Ça marche toujours. Thème récurrent au cinéma et en littérature, il est magiquement réinterprété dans ce film de Susan Youssef. Qays et Layla se rencontrent sur les bancs de l’université. Lui étudie la littérature, il veut devenir professeur et adore la poésie, qu’il ne fait pas que lire mais qu’il écrit aussi. Elle veut devenir ingénieure. Elle est surtout animée d’une envie de liberté qui fait mal à voir. Parce que bien sûr, l’histoire ne finit pas bien. Tout deux originaires de la Bande de Gaza, ils doivent revenir de la rive occidentale du Jourdain où ils étudient quand Israël leur retire leur permis d’étude. Ils doivent alors se cacher de la famille de Layla, qui l’a promise à un autre. Armé d’une bombe de peinture, Qays sème ses poèmes dédiés à Layla un peu partout. Ce qui ne plait pas à tous.

 

 

 

 

Thème principal du film : la poésie et l’écriture comme catalyseurs lors de situations difficiles. Magnifique scène d’ailleurs quand Layla découvre un des poèmes laissé par Quays. Il est taggué sur un mur au-dessus duquel des enfants lancent des pierres sur l’armée israélienne, qui réplique en tirant. Au milieu des deux, Layla pose sa tête sur le mur. C’est que l’histoire d’amour est aussi prétexte à montrer la vie des habitants de la bande de Gaza. Ou plutôt la survie. Aucune liberté, des contrôles pour tout, du danger à chaque coin de rue. Le film montre également l’embrigadement et le fanatisme que cette situation peut engendrer. Le danger alors pour les deux amants ne vient pas seulement des Israéliens, mais aussi de leur propre famille. Entre deux feux, toujours.

Un sujet difficile à traiter, polémique. Ce qui n’effraie pas Susan Youssef.

 

 

Rempli de poésie, qui n’adoucit que trop peu sa dureté, Habibi révèle aussi que ce sont  les femmes qui souffrent le plus dans ces situations de conflit. Réalisé par une femme, il montre sans fard le courage de Layla, le tout porté par la sublime prestation des deux acteurs principaux. Un film touchant.

 

 

Présentation du festival

Camille Wernaers

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