Taken 2 : l’histoire est un perpétuel recommencement

En 2009 sortait Taken, médiocre film d’action mettant scène Liam Neeson en ex-agent de la CIA  lancé à la poursuite de méchants proxénètes albanais qui avaient eu la mauvaise idée d’enlever sa fille chérie en plein dix-huitième arrondissement parisien. A quoi cela ressemblait-il ? A du vice crade , des séances de torture et des courses-poursuites en Audi.

 

 

Nous sommes donc en 2012 et Luc Besson, qui avait déjà écrit et produit Taken, remet ça. Les-dits albanais, non-contents de s’être fait exploser par Liam une première fois à Paris, décident de se venger en enlevant toute la famille, partie se ressouder l’air de rien du côté d’Istanbul. En voilà une idée originale.

 

Ce qui est bien avec les suites, c’est qu’il n’en existe que trois sortes:

-La suite de trop (Indiana Jones 4, Le flic de Beverly Hills 2 et 4, Die Hard 4, Rambo 9, etc.).

-La suite-saga, nécessaire pour boucler une histoire qui aurait été trop longue en une seule partie (Harry Potter, X-Men, l’Arme Fatale).

-La suite-cash, parce-qu’on a trouvé un filon et que ce filon rapporte gros (Pirates des Caraïbes 2, 3, 4, 5, Saw 2, 3, 4, 5, 6, Rambo 2, 3, 4, 5, 6).

 

 

Sans surprise, c’est à ce type de suite qu’appartient Taken 2. Ou l’application d’une recette qui marche auprès du cœur de cible visé : la famille américaine. Et comme Luc Besson est malin, il a une vision très américaine de la famille américaine : la fille doit rester plus ou moins pure (sexuellement) aux yeux de son ex-agent secret de papa, la femme est une ex-épouse dévastée par le divorce d’avec son ex-agent secret de mari (mais qui va s’apercevoir, grâce à nos amis les albanais, qu’elle l’aime encore, son ex-agent secret de mari), et le père, hé bien disons que c’est un gars normal : il est garde du corps à ses heures perdues, il fait des barbecues avec ses potes (eux aussi ex-agents secrets), et de temps à autre il sauve sa fille des griffes noirâtres et acérées d’une horde d’albanais sponsorisée par Nike et Adidas.

On l’aura compris, le seul intérêt du film réside donc dans ses scènes d’action (puisqu’on est là pour ça). Pour les filmer, Luc Besson a désigné Olivier Megaton, réalisateur qui a choisi son nom en référence à la bombe atomique d’Hiroshima (sic). On n’est pas déçu : ça flingue, ça castagne, on y va pas avec le dos de la cuillère quoi. A ce titre, deux bons moments : une course-poursuite en forme de leçon de conduite d’un père à sa fille, laquelle peine à passer son permis de conduire au pays, et une course d’orientation à la grenade (!) en plein milieu d’un Istanbul touristique à souhait.

Malheureusement, ces deux moments sont bien les seuls qui osent le grand n’importe-nawak nécessaire au bon fonctionnement des zygomatiques du spectateur venu se divertir. Et comme nous sommes dans une suite-cash et que le film va, n’en doutons pas, toucher son coeur de cible, il y a fort à parier que l’on va avoir droit à un Taken 3 d’ici deux ans. Spectateur accroche-toi : cette fois-ci, les albanais porteront du Sergio Tacchini.

Clément Boileau

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