L’édito du lundi : du pain et des emplois

Chaque lundi, les deux co-rédacteurs en chef analysent et décryptent un fait marquant de la semaine écoulée par un édito et une caricature acerbes. Ne ratez pas cette nouvelle occasion de vous informer. A bientôt ! 

Camille Wernaers et Cédric Dautinger

En 2011, il y avait 5,407 millions de voitures en Belgique.

En Belgique, entre 1997 et 2011, le nombre de voitures a augmenté de 22,5 %.

Le pic de pétrole a été atteint.

Nous perdons chacun 55 heures de nos vies chaque années dans les embouteillages.

Bruxelles est la deuxième ville la plus embouteillée au monde, après Milan.

L’usine Ford-Genk, fleuron (sic) de l’industrie automobile belche, ferme définitivement. Délocalisée.  10.000 emplois directs et indirects sont perdus. « Drame national » titrent les journaux. Je suis définitivement plus Saez :

« Merci bien mon bon maître, merci bien monsieur, de m’en donner toujours de quoi pisser par les yeux. Ils ne parlent pas pour nous, ils nous vendent l’âme et c’est tout, ils sont bons qu’à promettre et nous, bons qu’à nous faire mettre. […] Dire qu’on en vient à regretter le travail à la chaîne pour des pays plus chauds, pour des pays moins chers, pour des pays plus beaux. Ouvrière s’est perdue, cherche reconversion. Le patron a fermé tous les champs de coton. »

 

On ne va pas faire les étonnés. C’est ça, l’ultra-libéralisme. C’est bien joli de s’insurger pour 10.000 emplois mais pas pour le fait, qu’aujourd’hui, le profit est roi. C’est bien joli de s’insurger dans son salon devant sa télé pour 10.000 emplois mais de ne jamais manifester contre ce système qui les met à la trappe.

10.000 emplois, pas les premiers, pas les derniers.

En attendant, on pourrait peut-être essayer d’investir dans des emplois plus difficilement délocalisables. Du genre policier. Ah ça, c’est sûr, la police, l’État en aura toujours besoin. Un métier d’avenir.

On aurait bien conseillé à quelques-uns des 10.000 de se diriger vers le métier de contrôleur pour la STIB mais ça a l’air vachement plus stressant comme boulot depuis qu’on sait qu’ils doivent faire 10 P-V par jour pour ne pas se faire gueuler dessus par la direction. 10 fraudeurs par jour, à 100 euros l’amende, ça fait 1.000 euros par contrôleurs dans les caisses de la STIB. A ce rythme, ce n’est pas du tout les fraudeurs qui doivent les déranger. C’est ceux qui ne fraudent pas.

Non, mieux vaut être policier. Au moins, ils recevront une arme.

Sinon, ils peuvent encore se tourner vers Bel(sic)-RTL qui, à peu près au même moment, lançait une grande action SOS Emploi. Ça tombe plutôt bien. Pour certains employés de la chaine, ça tombe bien aussi, seize d’entre eux viennent d’être licenciés. Faites ce que je dis, pas ce que je fais…

Ah oui, au fait : et la FN-Herstal, c’est pour quand ? Que je ne m’insurge pas.

Camille Wernaers pour l’édito et Cédric Dautinger pour la caricature

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