Vous reprendrez bien un peu de poulet frit ?

Killer Joe est un film curieux, ni bon, ni mauvais. Lapige vous propose la recette de ce long-métrage que certains ont pu observer au BIFFF cette année. Voici donc les ingrédients et la marche à suivre :

 

 

– Matthew Mac Conaughey est un acteur de 40 ans qui a, entre autre, baladé son joli minois dans diverses comédies romantiques telles que : Un mariage trop parfait, Comment se faire larguer en 10 leçons ou encore : Play-boy à saisir.

– Gina Gherson est une actrice âgée de 50 ans qui a, entre autre, baladé son joli minois dans des films tels que Driven, Agent de Star ou encore PS :  I love you.

– KFC est une firme américaine qui vend du poulet frit aux quatre coins du monde.

– William Friedkin est un réalisateur âgé de près de 80 ans à qui l’on doit, entre autre, L’exorciste, French Connection, et maintenant Killer Joe.

– L’histoire de ce film est la suivante : Une famille (dont la belle-mère, Sharla, est jouée par Gina Gherson, donc) emploie Joe-le-tueur (Matthew Mac Conaughey, donc) pour dézinguer l’ex-femme du mari de Sharla, laquelle a souscrit à une assurance-vie permettant à sa fille Dottie  (fille adoptive De Sharla, donc) de toucher le Jackpot. Tout cela est chapeauté par le fils de la famille (Emile Hirsch, vu dans Harvey Milk et Into the Wild), qui deale et espère bien rembourser ses dettes grâce à cet argent. En guise d’assurance, Joe-le-tueur demande à la famille une caution, en la personne de Dottie, la gamine. La caution, on l’aura compris, concerne la virginité de Dottie.

C’est compliqué ? Pas grave, tout est limpide une fois la recette appliquée.

 

 

Maintenant, passons à la recette de Killer Joe :

Prenez un bon vieux Mac Conaughey et affublez-le de bottes, d’un chapeau de Cow-Boy et de lunettes de type Ray-Ban. Faites-lui dire des monologues à la Tarantino du genre :

« C’est drôle, L’Oklahoma. C’est plus drôle que le Texas. Quand j’étais gosse je pêchais dans une rivière à la frontière entre l’Oklahoma et le Texas. Je pêchais des truites texanes. Et puis un jour, ils ont décidé que la frontière serait après la rivière, et mes truites sont devenues des truites d’Oklahoma. »

Jetez l’ensemble de la famille dans un décor glauque quelque-part au Texas (mobile-home, entrepôts désaffectés, gares désaffectées, parcs d’attraction désaffectés).

Gonflez votre scénario avec une lichette de truands bien clichés, qui feront une apparition de dix minutes le temps de dire : « Je t’aime bien, machin, mais je vais te descendre. »

Mixez le tout sans vous soucier des incohérences dont pourraient souffrir votre scénario une fois dans la marmite. Si besoin, allongez la sauce avec une bonne grosse ellipse de derrière les fagots et ajoutez, en guise d’accompagnement, un gros placement de produit pour assurer les arrières de votre film à 10 millions de dollars. Ah, vous ne savez pas ce qu’est un placement de produit peut-être ? C’est le fait de placer une marque (de voiture, de fer à repasser ou de lave-vaisselle) dans un ou plusieurs plans du film, moyennant finance. Et c’est, ma foi, le plus beau placement de produit qu’il m’ait été donné de voir de toute ma vie.

Je vous la fais courte : on est à la fin du film, on est attentif car on n’a pas tout compris, et d’un seul coup, LE Mac Conaughey d’Un mariage trop parfait s’empare d’une cuisse de poulet KFC, fait s’agenouiller LA Gherson d’Ugly Betty et lui dit : « Suce ma cuisse de poulet !». Derrière-moi, un gros critique se marrait. Les critiques féminines étaient choquées. Moi, je m’en foutais depuis bien longtemps.

Pourquoi ? Parce-que je n’avais pas faim de cinoche au point de me taper une heure et demie de queue(s) pour une cuisse de poulet frit. Bordel.

 

 

Sortie en salles le 26 septembre 2012.

Clément Boileau

 

 

 

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