Logements universitaires : merci de quitter les lieux

Au plus tard le lundi 10 septembre, au matin, un étudiant de l’ULB (anonyme, nous l’appellerons A.), locataire des résidences universitaires Héger, a dû quitter son kot. Un mot glissé dans sa chambre indiquait que s’il ne quittait pas les lieux, ses affaires seraient déménagées à ses frais et que la serrure serait changée. Une situation normale? Pas vraiment.

 

 

Durant l’année scolaire 2009-2010, la CASE (la commission des affaires sociales étudiantes) a voté une réforme des logements. A la rentrée, les logeurs se retrouvent devant le fait accompli : c’est leur dernière année dans les kots universitaires. A travers toutes les résidences, ils se mobilisent et manifestent au bâtiment S lors du conseil d’administration du 18 octobre 2010. Des mesures transitoires finissent par être votées pour les koteurs qui se trouvaient dans les résidences à ce moment-là. Ils obtiennent de pouvoir rester dans les résidences trois ans en comptant l’année 2010-2011. Mais la réforme est maintenue et appliquée aux nouveaux arrivants, dès la rentrée 2011.

Dans ce nouveau règlement, il est indiqué que « les étudiants inscrits à des études conduisant à l’obtention d’un grade académique de Master ne peuvent occuper un logement au sein des résidences universitaires pendant une période supérieure à 12 mois ». Il est question, ici, des personnes suivant une année préparatoire. Celles-ci ont été mises au courant en début d’année et ont donc déménagé des résidences avant le lundi 10 septembre.

Lors de son arrivée,  A. était également en année préparatoire. Il a obtenu une chambre dans les résidences, mais c’était en 2010. Le régime transitoire devait donc lui être appliqué. Francine Hiver, gestionnaire de la résidence Héger, soutient qu’il a été prévenu plusieurs fois par téléphone, et était au courant par le règlement reçu en début d’année. Elle affirme, cependant, que le cas d’A. est régi par le nouveau règlement. Il a réussi son année et entre en Master. Francine Hiver souligne qu’ « il n’a jamais posé problème dans les résidences ». Il a pourtant déménagé comme cela lui a été demandé.

Alors d’où vient l’erreur ? Le service des logements est souvent sous pression, surtout en période de rentrée scolaire, et particulièrement avec l’application du nouveau règlement. Il fait d’ailleurs appel à des étudiants jobistes.

La nouvelle résidence Elix a été inaugurée le jeudi 13 septembre. Toutes les chambres simples étaient occupées à la rentrée. Les chambres doubles, par contre, étaient encore en partie vides. Après une entrevue entre A. et Francine Hiver, cette dernière a parlé du cas de l’étudiant à Joëlle de Backer, responsable de la résidence Elix. Une chambre double a donc été attribuée à A., en accord avec l’article 22 du règlement.

 

« VI. Des logements libérés postérieurement à l’attribution des logements par la commission des admissions

Article 22 §1er – Lorsque des logements sont libérés postérieurement à l’attribution des logements par la commission des admissions, les gestionnaires de résidence attribuent ceux-ci conformément à la liste d’attente (…). Ils prennent contact avec les demandeurs dans l’ordre établi par la liste.

§2 – A défaut de pouvoir attribuer les logements disponibles aux demandeurs de la liste d’attente, les gestionnaires de résidence peuvent faire droit à des demandes directes tout en fondant leurs décisions sur les principes établis dans le préambule du présent règlement. »

 

Selon Gilles Tinant, délégué des résidences Héger, la CASE formera un groupe de réflexion pour revoir à nouveau le règlement des résidences. Même si une volonté claire de réformer le fonctionnement des résidences universitaires existe, certains couacs subsistent encore.

 

 

Marie-Aude Calvagna

 

 

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