« C’est un peu court », clip de présentation de l’ULB : c’est surtout un peu con

« L’ULB (se) présente dans ‘Un peu court’. Suivez les tribulations d’Alice, Victor, Audrey et Kim au milieu des campus de l’Université libre de Bruxelles… ». Sous cette description se cache une vidéo de présentation de l’ULB du plus mauvais goût. Décryptage.

C’est vrai, avouons-le. Les clips merdiques, en ce moment,il suffit de se pencher pour en ramasser. Il y en a à la pelle. En pleine campagne électorale, comment passer à côté de ces quelques perles, de la copie ratée de chez ratée de Bref (Jeunes CDH) au candidat qui craque face caméra et nous l’a fait film d’horreur à l’ancienne (PS). Alain Courtois (MR), c’est pas mal non plus (tiens, pas de de Brouckère, il n’a pas l’air d’être 21h30 pourtant).

 

En France aussi, il y avait du courage (et du craquage) dans cette vidéo de Science Po TV. Claire Chazal, Nikos Aliagas, Marc-Olivier Fogiel et Laurent Delahousse et des étudiants vs une caméra qui tremble, un montage foireux et un éclairage souvent pourri. C’est sûr qu’il reste « des choses à faire« .

 

Alors quand l’ULB a sorti son clip de présentation, nommé « C’est un peu court », on s’est dit qu’on devait voir ça. Résultat : de la propagande en barre.

Les ingrédients sont bien rodés, tout est en place. D’abord, la musique de début. Très « Bal musette, France 1889″. Moderne donc. La scène de la déclaration d’amour de Victor à Alice ferait pâlir d’envie les scénaristes d’Amour, Gloire et Beauté, mais c’est bien les seuls. Choisir l’ULB parce que c’est en plein centre de Bruxelles et que c’est facilement accessible, oui effectivement, c’est dé-bile (c’est une des raisons qui m’ont décidées à passer cinq années là pourtant). Clap, la scène de la piscine. C’est avec mon minerval qu’ils ont payé la caméra submersible ? Les inepties n’ont fait que commencer : la philo et la psycho comme exemples que l’ULB a un catalogue de cours fourni et présente de nombreuses matières. Bien sûr.

Clap, nous voilà dans le tout nouveau (et tout beau, et encore tout blanc) bâtiment de Solvay. Pourquoi n’ont-ils pas été filmer au Janson? C’est un auditoire prestigieux, pourtant. Parce que quand il pleut et qu’on y passe, au hasard, des examens, l’eau goutte sur nos feuilles? Peut-être. C’est sûr qu’il en jette le bâtiment de Solvay. Pour autant, est-ce qu’une Université doit s’occuper d’abord de rénover ses murs ou son enseignement? La question est posée.

L’argument des prix reçus par l’Université, joli : si je demande à la plupart des étudiants s’ils regardent les Prix Nobel que comptabilisent les universités avant de faire leur choix, je crois qu’ils me regarderaient avec des yeux ronds. Ceux de l’incompréhension. On vous répondra plus facilement parce que c’est plus facilement accessible et là on revient au début et à Victor et on se rend compte que tout ce spot est inutile. Mais on est même pas à une minute de clip sur les cinq proposées, donc on sait, on sent, que le pire arrive. Effectivement.

On n’échappe pas à la petite remarque sexiste (« si je suis venu à l’ULBc’est pour les moules« ), la raciste arrivera un peu plus tard, il faut ménager le suspense comme dirait Spielberg, mais on a surtout droit à une accumulation de clichés : les moules, les frites, la bière, le chocolat, la capitale de l’Europe, la BD… même le pauvre Magritte.

Au moins, la scène de la bibli est réaliste. C’est bien la seule. On y entend au passage un peu de pub pour le LIBREX, le cercle du libre examen… ce n’est que le début. Parce qu’après, on va même entendre qu’à l’ULB, les filles sont libres. Argument pathétique. Mais vu qu’on en est même à faire parler le gars qui garde nos vélos pour essayer de nous faire venir… ou rester. C’est sûr qu’on veut de la sécurité. D’ailleurs, le gang au vélo de l’ULB est une grande menace. Alain Courtois sort de ce clip.

Le final est génial : on y apprend qu’un Chinois et un Coréen, c’est pareil, que Victor est cocu, que la dame du service des inscriptions (elle ressemble pas à ça en vrai) est capable de sourire et de parler sans agressivité dans la voix, et surtout, surtout qu’à l’ULB, le « L » est au centre. C’est vrai que ça faisait longtemps. « Pour étudier, il faut d’abord être libre ? » Pardon? Ce n’est même pas encore fini. « Est-ce que vous aimez tout ce qui est dogme, argument d’autorité et soumission ? Ici, vous pourrez toujours penser librement…et même défendre vos idées« .

Et là, ça ne fait plus rire. Ce n’est plus kitsch. C’est juste honteux, dans le contexte actuel, où un professeur s’est fait virer parce qu’il remettait en cause un débat non contradictoire. D’ailleurs, ce n’est sûrement pas un hasard si ce clip, qui sort maintenant, appuie autant sur cette « liberté« . Penser librement, toujours. Vraiment ? Attention à ne pas faire de cette liberté présumée un dogme. Ou un argument d’autorité, lequel ne pourrait pas être remis en question ou critiqué.

 

5 minutes 52 de pures souffrances. Je n’appellerais pas ça « un peu court ». Très chers gens de l’ULB, si vous voulez nous balancer de la propagande dans la tronche, faites-le bien au moins. Un peu de respect quoi.

 

« La liberté, les hommes la dédaignent uniquement semble-t-il parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient; comme s’ils refusaient de faire cette précieuse acquisition parce qu’elle est trop aisée« .

Etienne de La Boétie- Discours sur la servitude volontaire.

 

A lire ou à relire.

Camille Wernaers

13 Comments

  1. Souhail Chichah

    14 septembre 2012 at 4:49

    « Personne n’est plus esclave que ceux qui pensent faussement être libres » Goethe

  2. Vi

    14 septembre 2012 at 6:39

    « Ici, vous pourrez toujours penser librement…et même défendre vos idées. »

    Hahahaha c’est à mourir de rire !! :D

  3. Selim Blieck

    15 septembre 2012 at 12:11

    ça fait plaisir. Merci La pige.

  4. Adam A.

    15 septembre 2012 at 12:19

    Quel article de merde archi nul et écrit sans aucune mesure ni sens de l’humour… J’en baille d’ennui.
    Le long annonce la fin tant prévisible de la justification de la personne merdique et profiteuse qu’est Chicha, qui ne serait justement rien et jeté depuis bien plus longtemps dans beaucoup d’autres universités. S’il s’est permis un tel scandale, c’est qu’il y a trouvé un public aussi con que lui.

  5. AlexNewsBlog

    15 septembre 2012 at 1:00

    Vous craquez complètement!

    Vous avez montré plein d’exemples de clips ratés, la vidéo de l’ULB est plutôt bien réussie. Son oké, vidéo oké, acteurs oké, fond du texte oké, forme du texte oké (ça s’adresse à des jeunes de 17-19 ans)!

    #Haters!

    PS: j’aurais été le premier à Troller cette vidéo si elle était pourrie!

  6. Yo

    15 septembre 2012 at 7:09

    Zéro file à l’inscription, très crédible….

  7. skal2k

    17 septembre 2012 at 8:23

    > « acteurs oké, fond du texte oké, forme du texte oké »

    ouais, si on aime Plus Belle La Vie!!

  8. Victor

    17 septembre 2012 at 7:00

    c’est un travail de fin d’études de l’ihecs, qui n’a pas coûté d’argent à l’ulb. Les images et le son sont ok, pour le reste c’est clair que bon… ceci dit consacrer un si long article à ce truc prouve que certains ont du temps à perdre… ceci dit moi j’ai perdu mon temps à le lire.

  9. LaPige.be

    17 septembre 2012 at 7:02

    La prochaine fois, on espère que l’ULB demandera à ses étudiants de réaliser son clip de promotion.

  10. Fakos

    18 septembre 2012 at 2:35

    Camille Wernaers, si vous étiez un tantinet objective, vous reconnaitriez que le « Bref » tourné par les Jeunes cdH n’est pas raté. Je vous invite à ce propos à découvrir ce qu’en a dit Michel Henrion, pourtant généralement acerbe dans ses remarques (en particulier vis-à-vis des humanistes).

  11. LaPige.be

    19 septembre 2012 at 11:52

    Dans un billet d’humeur, un journaliste n’a pas à être objectif. C’est d’autant plus paradoxal puisque vous nous demandez de suivre l’avis subjectif de Michel Henrion.

  12. Fakos

    5 octobre 2012 at 10:21

    Si le mot « objectif » ne vous convient pas, remplacez-le par « mauvaise foi ».

  13. Etudiantdel'ulb

    13 avril 2013 at 5:24

    On entend : « L’UCL c’est chez les cathos ! ».
    Mais aussi : « L’ULB c’est des intolérants ! ».

    Belle remarque de l’auteur : la prétendue liberté de l’ULB n’existe pas. C’est juste du racisme déguisé (la nouvelle forme de racisme étant l’intolérance culturelle et religieuse ULBiste).

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