Encore Libre l’Université de Bruxelles ?

Les dérapages du journal étudiant Caducée , du char de droit à la dernière Saint-V ou la Burqa-pride, autant de faits qui font les gros titres des journaux. Tout va donc si mal au sein de l’ULB, taxée d’antisémitisme puis d’islamophobie ? Au travers des débats, des réactions et des articles sur les réseaux sociaux et dans les médias, une autre question saute aux yeux. La valeur fondatrice de l’ULB, le libre examen, est-elle menacée?

 

 

Quand on est étudiant à l’ULB, la réalité de la vie quotidienne semble bien éloignée de la représentation qu’en font les médias. La confession religieuse d’un étudiant ne l’empêche pas d’avoir cours avec des étudiants d’autres confessions. Des programmes existent pour accueillir des étudiants venant d’autres pays et pas seulement d’Union Européenne (malgré des problèmes cette année liés au programme Smiley). Des conférences s’organisent et chacun est libre de venir s’y exprimer même si les invitations des intervenants reflètent parfois un certain parti pris. Certains estiment alors que l’ULB ne préserve pas sa neutralité et son libre examen.

Mais le libre examen, qu’est-ce que c’est concrètement ? Le site de l’ULB  définit que le libre examen postule le rejet de l’argument d’autorité, l’indépendance de jugement, le respect de la personne et des idées ou encore la tolérance mutuelle. On peut également y lire que « le libre exaministe s’engage donc à mettre ses paroles et ses actes en accord avec ce qu’il tient pour vrai. Sa vérité, il a le courage de la dire et de la défendre. » La pensée ne doit donc jamais se soumettre et le débat est fondamental.

Vous l’aurez sûrement remarqué, l’ULB est souvent sous les projecteurs des médias ces derniers temps. L’actuel recteur, Didier Viviers, réélu largement pour quatre ans, est pointé du doigt. « Pourquoi des scandales à l’ULB font la une des médias alors que l’on entend quasiment pas d’histoires de ce genre à l’UCL ? Car depuis que Didier Viviers est le nouveau recteur, il a décidé de supprimer et de faire taire l’opposition au sein de l’université, contrairement à l’UCL qui inclut cette opposition dans ses débats » nous confie une source académique désirant rester anonyme.

Le comité BDS-ULB (pour Boycott Désinvestissement Sanctions à l’encontre de l’Etat israélien) en est le bon exemple. D’abord refusé d’être reconnu par le Conseil d’Administration, ce mois d’avril, il a finalement été accepté dans un tollé médiatique. Didier Viviers s’en défend et pointe l’unique point qui pose problème dans une interview du mardi 10 avril pour le CCLJ (Centre Culturel Laïc Juif): « Est-il opportun pour l’Université de reconnaître un cercle ou une association dont les statuts me semblent contenir un élément en contradiction avec nos propres statuts ? Les statuts de l’ULB prônent l’échange de connaissances dans le cadre du libre examen. Un boycott académique et scientifique ne peut donc être envisagé. Je ne me prononce que sur cette question. L’Université n’a aucun problème avec un mouvement qui prônerait le boycott économique. Cette démarche relève de l’engagement politique. » Le CCLJ déclarera d’ailleurs à la télévision, en tant que « représentant de la communauté juive de Belgique », être scandalisé par cette autorisation.

Une autre affaire fait encore toujours les gros titres: la Burqa-pride. L’un de ses co-organisateurs et participants, parmi une centaine d’autres, est désormais bien connu en Belgique. Souhail Chichah a ses défenseurs et ses adversaires, des éditoriaux de grands journaux belges ont parlé de lui et le Conseil Disciplinaire de l’ULB s’est prononcé sur une sanction majeure (un mois de suspension payé) que certains (Cercle des étudiants libéraux, CCLJ ou le correspondant du Soir à Tel-Aviv par exemple) qualifient de « légère« . Pourtant Souhail Chichah risque bien de devoir changer d’université (son directeur de thèse s’étant désisté, ses cours étant annulés). Il se présente comme un défenseur du libre examen. Et face aux réactions, parfois virulentes, qui entourent cet assistant connu pour d’autres actes symboliques lors de conférences, il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux.

Précisons que nous avons souhaité donner la parole à Didier Viviers. Après une première réponse positive de sa part, nous n’avons cependant pas (encore) eu de retour concernant nos questions, plusieurs mois après leur envoi. Le recteur déclarait cependant sur le site du CCLJ: « Je suis convaincu qu’on ne peut pas discuter de tout, partout et n’importe comment. Le langage possède des registres. De la même manière, les débats doivent s’inscrire dans un registre adéquat. J’ai le sentiment que beaucoup de gens l’ont oublié. Comme si la parole libre pouvait s’exprimer n’importe où et n’importe comment. Or, la liberté a besoin d’un cadre d’expression. Nous avons donc à réfléchir sur les pratiques du libre examen et sur les modes de débat. Les différents incidents qui se sont produits à l’ULB sont intimement liés à cette question. L’Université a un rôle à jouer dans l’examen de l’adéquation entre le mode d’expression et l’objectif qu’on poursuit. C’est la raison pour laquelle, avant d’aborder la question des valeurs, je souhaite que l’ULB s’empare aussi du débat sur les pratiques. Et le libre examen est d’abord et avant tout une pratique. Cette réflexion est fondamentale pour l’ULB si elle souhaite garder sa qualité d’accueil pour les débats. Il ne faudrait pas que certaines conférences organisées à l’ULB tombent dans des travers où le libre examen en tant que pratique ne serait pas respecté. Le problème, c’est qu’on ne peut pas en préjuger. Il serait erroné de tomber dans une espèce de censure. C’est difficile, mais pour que cela fonctionne, il est nécessaire d’établir un socle de pratiques acceptables. » Au recteur donc de décider ce qui est du « libre » examen ou pas, puisqu’il faut, par exemple, son accord pour organiser une conférence.

 

Interview de Souhail Chichah: « Je regrette que le débat n’ait pas pu continuer« 

-Pourquoi avoir chahuté la conférence dont Caroline Fourest était l’invitée?

« Pour un certain nombre d’intellectuels en France, dont Serge Halimi qui est le rédacteur en chef du Monde Diplomatique et l’auteur de l’article Burqa Blabla, il existe un discours de crise qu’est l’islamophobie. Il consiste à mobiliser et à occuper tout l’espace public par des questions de second ordre, voir des questions fantasmagoriques sur l’islam. Avec comme effet d’occulter des problèmes socio-économiques de premier ordre tels que l’explosion de la pauvreté, la véritable guerre faite contre nos acquis sociaux et politiques. Et pendant que le chômage explose, que la zone euro s’effondre, que les droits sociaux et politiques de la très grande majorité de la population sont en train de plonger, on parle de question telle que l’islam. Par ailleurs, Caroline Fourest est décriée tant  pour ses propos anxiogènes envers l’islam que pour ses manquements déontologiques récurrents par un certain nombre d’académique et d’intellectuels français. Elle a par exemple reçu une palme du racisme en France (voir vidéo ci-dessous) et a été décriée par une pétition regroupant les plus grands noms de la scène académique française. Nous pensions que quelqu’un comme elle, non pas pour ce qu’elle est mais bien pour ce qu’elle dit, ne devait pas être censurée mais au moins faire l’objet d’un débat contradictoire. Nous avions rencontré le président et vice-président du CA la veille pour réclamer un véritable débat contradictoire car nous pensons qu’elle porte un certain nombre de thèses qui font la lie de l’extrême-droite actuelle. Nous trouvons cela assez anecdotique voir caricatural d’inviter quelqu’un pour déconstruire le discours d’extrême-droite alors qu’elle est elle-même une des voix qui déroulent le tapis rouge à l’extrême-droite en amenant des questions sur l’islam ou la laïcité. »

Caroline Fourest reçoit un Yabon Award.

 

-Mais il n’y a pas eu de débat contradictoire, comment expliquer que la conférence ait été annulée?

« La responsabilité du débat avortée est celle du recteur. Je précise que le débat a été arrêté au moment précis où la contradiction s’invitait au débat. Quand la parole m’est donnée, le micro est coupé, je suis bousculé lorsque je l’interpelle sur un texte qu’elle ne peut pas assumer et sur lequel elle va mentir puisqu’elle dit que ce texte parle de Sarkozy. Ce texte: The War for Eurabia, carte blanche publiée dans le Wall Street Journal le 2 février 2005 montre les arabes européens comme la principale menace de notre ordre social. Je pense que c’est une des raisons pour laquelle ce débat, suspendu, n’a jamais repris. Les enceintes universitaires ou parlementaires sont habituées au chahut. Une partie du public chahute quand il entend signifier à l’interlocuteur qu’il ne respecte plus les valeurs qui rassemblent les présents. En règle générale, on suspend la séance, on attend que les esprits se calment et on reprend la discussion. Le recteur a décidé d’en faire autrement, il lui revient de répondre de cet acte. Je regrette que le débat n’ait pas pu continuer. Ce n’était pas dans les motivations des burqa priders de censurer ou d’empêcher le débat. Et dès le départ, nous l’avions annoncé comme tel, nous avions annoncé vouloir amener une dimension critique au débat. L’ULB était au courant, l’événement Facebook était public. Si l’université avait voulu l’interdire, il lui aurait suffi de m’envoyer un courrier en ce sens puisque je suis son employé. Elle a choisi au contraire la dramatisation d’une façon ridicule. Puisque pour censurer, il faut le pouvoir. Un mot du recteur aurait suffi à la sécurité pour me mettre dehors. Je ne peux pas censurer dans ma position, je ne suis pas chef de parti, je ne suis qu’un citoyen comme un autre. »

 

 

-Souhaitiez-vous être le porte-parole du mouvement contestataire dans le débat?

« Nous avions suggéré d’ajouter une dimension critique à la conférence, en invitant par exemple Matéo Alaluf ou Isabelle Stengers mais certainement pas moi évidemment. On a personnalisé la burqa pride pour mieux la disqualifier puisque c’est oublier la centaine d’autres participants qui n’étaient pas des moutons. Il y avait des militants du PTB, du PS, des étudiants, des militants de la laïcité organisée ou des militants syndicaux qui ont subis des procédures internes par la suite. Si j’ai pris la parole lors de cette burqa pride, ça ne veut pas dire que j’étais porte-parole mais parce que le président du CA me donne l’injonction de venir. Et on voit que je ne le fais pas quand Harscheer me le demande mais je le fais quand j’en reçois l’ordre puisque je travaille pour l’ULB. »

 

-Si vous ne pouvez censurer, d’autres le font-ils?

« Le recteur censure la conférence sur Dieudonné. Le Librex a finalement intégré lors d’un débat sur la liberté d’expression le film de Mukuna mais un chahut a causé l’annulation de la soirée. La conférence qui suivait la Burqa-pride (programmée pour le 7 février) sur la question du débat démocratique n’a pas pu se tenir sans que cela ne choque personne. Mais le recteur ne parle pas de censure, seulement de suspension. En attendant, cette conférence n’a pas eu lieu. Nous sommes dans une société où tout le monde n’est pas sur un même pied d’égalité d’expression. Les hommes par rapport aux femmes, les allochtones par rapport aux autochtones. Et pour que le débat démocratique ait du sens, il faut justement rétablir cette égalité. Il faut l’organiser sinon c’est celui qui a la voix qui porte le plus loin qui gagne. »

 

-Comment expliquez-vous l’ampleur des « scandales » de l’ULB ?

« Nous sommes arrivés à un point où les universités ne forment plus des intellectuels mais des experts. Et ce n’est pas un hasard si le chantier « valeurs » arrive en période de crise. Pourquoi pas à l’ULC alors ? Je pense que c’est lié à la démographie et à la sociologie de Bruxelles. L’ULB représente des intérêts sociaux bien définis. Et Bruxelles a ceci de particulier qu’elle est une des rares villes occidentales à avoir un poids démographique aussi important des populations d’origines étrangères. Alain Gresh (du Monde Diplomatique) place Caroline Fourest comme porte-parole de l’islamophobie « de gauche ». Donc ça ne pouvait pas ne pas susciter de tensions, de la même façon que personne n’imaginait qu’il n’y aurait pas de réactions quand l’ULB invite Dieudonné. Et on peut comprendre que sa venue heurte la sensibilité de juifs belges, alors pourquoi s’en étonner quand il s’agit de Caroline Fourest ? C’est exactement le même processus. »

 

- On l’a souvent lu ou entendu dans la presse. Que répondez-vous aux gens qui vous décrivent comme étant islamiste?

« Je suis défini comme tel par la société alors que c’est paradoxal. Car la religion relève de la sphère privée mais c’est le point de ma personne qui intéresse le plus de monde. On occulte mes positions politiques : je suis un « anticapitaliste décolonial » et je ne fais pas de référence à une religion. Je suis considéré comme musulman, j’en prends acte. Comme disait Sartre, ce qu’avaient en commun tous les juifs, c’était d’être considéré comme juif. »

 

- Comment réagissez-vous aux propos du recteur sur le libre-examen?

« L’interview du recteur au CCLJB témoigne bien de cette volonté d’une reprise en main, c’est indéniable. Lorsqu’on commence par censurer ou faire une purge politique, on ne le fait jamais que pour un individu. On commence par le maillon le plus faible de la chaîne, on censure un chercheur et au final, c’est toute la profession que l’on censure. Un bon nombre d’académiques y réfléchissent à deux fois avant d’émettre leur opinion ! Il y a une reprise en main musclé des autorités et c’est la signature d’une institution en crise. Elle peut alors adopter le discours du « si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi » et désigner un ennemi extérieur. On le voit dans tout système en crise, de l’organisation au pays. La flambé du racisme, de l’islamophobie, de la « migraphobie », de la thématique des sans-papiers ou des roms le montre bien. L’ULB muscle le discours et en même temps a un chantier valeurs. C’est la démocratie interne qui est en danger et elle porte autant sur les cours que sur l’organisation des débats. J’ai honte d’appartenir à une université où les étudiants doivent lever le doigt pour demander s’ils peuvent parler de ceci ou cela. C’est une infantilisation et une atteinte aux droits politiques des étudiants. Ils n’auraient plus la sagesse nécessaire pour décider seuls de ce dont ils parlent, d’où ils en parlent et de quelle manière. Je risquais d’être licencié de l’ULB, ma carrière va y être arrêté parce que j’ai fait du bruit à une assemblé et par ailleurs, l’université a nommé honoris causa une grande militante qui a préconisé la lutte armée contre le racisme. Alors, il faut savoir. Dans le monde des idées, l’ULB va applaudir Angela Davis et je m’en félicite mais dans la réalité, l’ULB n’en ferait rien. Angela Davis n’a rien de neutre, c’est une grande militante antiraciste, marxiste, de la décolonisation, de la lutte anticapitaliste, de la lutte contre l’homophobie, donc c’est une grande figure de la militance et de la lutte politique dans les universités. Elle s’est fait exclure de son université à cause de son militantisme politique ! »

 

Souhail Chichah vient de se voir signifier un mois  de suspension. Néanmoins, il pourrait ne plus être plus présent à l’ULB l’année prochaine, son directeur de thèse s’étant désisté et ses cours étant annulés. Caroline Fourest, en attendant, a déjà déclaré qu’elle ne reviendra plus en Belgique pour donner conférence.

 

Le libre examen, une idée à enterrer ? La réponse semble plus compliquée mais ce qui est sûr, c’est que certains ont commencé à utiliser le sigle U(L)B.

 

Cédric Dautinger et Camille Wernaers

8 Comments

  1. Isabelle Pollet

    21 juin 2012 at 12:27

    Bonjour,
    Je pense que votre info n’est pas à jour à plus d’un titre.
    Caroline Fourest est revenue sur ses propos à la lecture des propos du recteur et de l’article paru dans le Soir mardi matin.
    Voir : http://www.lesoir.be/regions/bruxelles/2012-06-19/chichah-suspendu-une-sanction-minimum-922276.php

    Contrairement à ce que vous affirmez, le recteur Didier Viviers a souhaité modifier le réglement en vigueur relatif aux conférences. A ses yeux les organisateurs doivent être tenus pour responsables. Ce n’est pas au recteur de décider si une conférence peut avoir lieu ou pas.
    Je pense qu’il faudrait que vous adressiez vos questions au recteur car cet article contient des erreurs et est complètement déséquilibré.

    Je vous invite aussi à lire le contenu de la décision motivée de la commission de discipline disponible sur le site du Soir. Cela vous éclairera probablement.

    Bien à vous

  2. LaPige.be

    21 juin 2012 at 2:05

    Bonjour, merci pour ces précisions. Cependant:
    -comme indiqué, nous avons contacté plusieurs fois le recteur et avons eu une réponse positive de sa part. Il n’a toutefois jamais répondu à nos questions, envoyées il y a plusieurs mois, avec des rappels de notre part.
    -nous ne faisons que citer les propos du recteur, libre à chacun d’interpréter ses paroles, peut-être mal formulées.
    -la décision motivée est un document privé qui ne devrait pas figurer sur Le Soir me semble-t-il, une telle fuite est d’ailleurs étrange.

  3. Jean_Gaston

    21 juin 2012 at 4:15

    Tant qu’à revoir l’organisation des conférences, il serait utile de ne pas faire payer la location d’auditoires pour l’organisation de conférence par des cercles reconnus à l’U.L.B. ou au moins à revoir cela à la baisse.

  4. Souhail Chichah

    21 juin 2012 at 5:46

    Isabelle Pollet, Responsable du Service communication de l’ULB, la précision est d’importance !

    Effectivement, les décisions de la commission disciplinaire sont réputées confidentielles. Mis en demeure par mon avocat, le Soir a sur-le-champ retiré de son site le document irrégulièrement transmis par lsabelle Pollet.

    Je tiens toutefois ce document, en primeur, à la disposition des lecteurs de Lapige.be tant il est granguinolesque :-)

    Un anti-Schopenhauer en quelque sorte.

    Notons que la sanction terrible infligée – Dieu! Un congé payé d’un mois en période de suspension des cours, est un cinglant désaveu du recteur et confirme la victoire morale de toutes celles et ceux qui refusent la banalisation du racisme sous toutes ses formes.

    Si nous lui refusons toute tribune laudative, nous ne désespérons pas d’avoir prochainement un débat réellement contradictoire avec un-e ou l’autre porte-voix du néo-racisme, Fourest ou l’un-e de ses nombreu(x/ses) disciples ulbistes.

    Recteur Vivier, je te mets bien au défit de descendre de ta hiérarchie pour m’affronter sur le terrain de l’argumentation, si tu l’oses! Viens si tu es un intellectuel …. :-)

  5. Olivier Mukuna

    23 juin 2012 at 1:42

    Je tiens à féliciter les auteurs de cet article qui rencontre les prescrits déontologiques du journalisme, tels qu’on me les a enseignés à l’ULB. Voilà qui fait plaisir à lire.

    Ceci étant dit, concernant la fameuse projection-débat autour de mon film « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ? », j’estime qu’il aurait été intellectuellement plus pertinent (et gratuitement accessible) de renvoyer à la carte blanche, signée par Aurore Van Opstal et diffusée sur le site du Soir en date du 7 octobre 2010 :

    http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2010-10-07/passion-sioniste-a-l-universite-libre-de-bruxelles-797054.php

    Ou, tant qu’à me citer par la voix de Chichah, de renvoyer à ma propre carte blanche, publiée par le même quotidien le 1er octobre 2010 :

    http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2010-10-01/en-finir-avec-l-intimidation-sioniste-796058.php ?

    En relisant ces deux documents, on peut notamment se rendre compte que, chez certains tel le Professeur Sosnowski (ULB), la volonté d’exclure Souhail Chichah de l’ULB ne date pas de la Burqa pride mais de la projection-débat du 20 septembre 2010 … La critique publique de l’Etat d’Israël étant encore plus blasphématoire que chahuter une « serial-menteuse » (copyright Pascal Boniface) islamophobe.

    Encore libre-exaministe l’U(l)B ? Certainement pas ses Autorités sous emprise du lobby pro-israélien belge comme la majorité de ses professeurs, terrorisés à l’idée de « finir » comme ce chercheur indigène qui croyait en l’intangibilité des principes du libre-Examen au sein de l’Alma Mater…

  6. Isabelle Pollet

    26 juin 2012 at 4:15

    Bonjour à tous,

    Je tiens à vous signaler que j’ai découvert tout comme le grand public le document de la commission de discipline sur le site du Soir. Comment oser proférer que c’est moi qui l’ai transmis au Soir alors que la commission a parfaitement respecté la discrétion nécessaire dans cette affaire y compris à l’égard du service de communication de l’ULB ?

    Comme Souhail Chichah l’a indiqué à la presse dès ce lundi 18 juin, la commission de discipline de l’ULB a rendu sa décision concernant son rôle dans les incidents qui ont mené à l’annulation du débat du 7 février dernier et pris une sanction disciplinaire majeure à son encontre, en le suspendant pour un mois avec maintien de salaire. Elle reconnaît officiellement la gravité des faits, rencontrant en cela la demande du recteur qui avait initié la procédure. Alors que beaucoup considéraient qu’il s’agissait d’un « simple chahut », la commission de discipline soutient qu’il y a là un acte de censure délibérée .
    La commission motive longuement sa décision, en constatant que l’action menée de facto par l’assistant avait bien pour objectif de censurer Caroline Fourest et portait gravement atteinte aux valeurs du libre examen défendues par l’ULB, et plus globalement à la liberté d’expression.
    Diverses réactions dénoncent le caractère apparemment dérisoire de cette sanction.

    Il faut pourtant noter qu’à l’aune de la pratique connue à l’ULB mais aussi de la jurisprudence administrative en matière disciplinaire en général, une suspension de 1 mois est une sanction très importante. La mention d’une telle sanction versée au dossier d’un agent de l’université a bien sûr des conséquences pour la suite de sa carrière dans l’institution, a fortiori dans le cas d’un mandat à durée déterminée.

    La commission de discipline a clairement établi la pertinence de l’accusation, ainsi que la gravité de la faute (que d’aucuns avaient voulu minimiser) au terme d’une procédure équitable et a décidé d’une sanction proportionnée.
    Rappelons par ailleurs que l’assistant, n’ayant pas rempli ses obligations scientifiques, ne sera plus employé à l’Université à la rentrée prochaine.
    La fin de son mandat se trouve donc ici entachée par une lourde sanction, qui constitue ainsi un obstacle majeur à tout prolongement de ses liens avec l’Université libre de Bruxelles.

  7. Souhail Chichah

    30 juin 2012 at 11:51

    Isabelle Pollet, Responsable du Service communication de l’ULB, s’exprime bien entendu ici en son nom propre, en toute indépendance libre-exaministe. Elle ne s’aurait être considérée comme la voix de son maitre, au service d’une basse besogne de propagande.

    « De forme neutre, la propagande est définie comme une forme intentionnelle et systématique de persuasion, ayant le bout d’influencer les émotions, les attitudes, les opinions et les actions des groupes cibles pour attendre des objectifs idéologiques, politiques ou commerciaux, à travers la transmission contrôlée des messages d’information partiale (qui peut être ou ne pas être factuelle) via les canaux directs de masse et des médias. » Richard Alan Nelson

    Précisions que le document sur le site du Soir auquel réfère la propagandiste n’est plus accessible suite à la mise en demeure de mon avocat. Elle prétendait donc y référer tout en déniant l’avoir communiqué: qui se sent morveux, se mouche…Je rendrai toutefois ce document public dans un ouvrage en préparation tant il est granguinolesque.

    Enfin, précisons que si « d’aucuns » – pour reprendre les termes quelque peu méprisant du recteur – dénoncent l’inquisition qui a suivi la burqa pride et qui a conduit à mon excommunication de l’U(L)B, il ne s’agit pas moins que d’intellectuels mondialement reconnus émanant d’universités, telle que Berkeley par exemple, presque aussi prestigieuses que l’U(L)B…..

    http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2012-03-31/ulb-de-la-burqa-pride-a-l-inquisition-906136.php

  8. liliane.mathys

    16 novembre 2012 at 5:37

    Pauvre ULB qui pense encore qu’elle est l’unique à défendre « La libre pensée « Notre dernier prix Nobel est un fervent catholique,de grandes découvertes ont été faites par des savants croyants .Théodore allait àla messe …Le programme de « Cultures d’Europe » était pitoyable.Sifaoui,Fourest…J’ai écrit au Recteur à ce sujet.A être honteuse d’être une ancienne de cette université. Je ne comprends pas bien non plus les réactions du CCLJ .Comment être laïc et juif?Je pensais que le judaïsme était une religion.Je ne comprends pas cela.Bien à vous et courage pour vos études.Liliane Mathys.

    marche rationaliste et le libre -examen étaient uniquement siennes .Pour ma part,nous avons inscrit dans notre famille tous les enfants qui voulait faire ou poursuivre un cursus universitaire à l’UCL.Le recteur a l’air tétanisé par le CCLJ

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