L’Age d’or de Woodkid

Pour leur 19ème édition, les nuits du Botanique ont accueilli, le temps d’une soirée, le groupe français alternatif Woodkid. Mené par Yoann Lemoine, les artistes proposent une musique difficile à définir et échappant à bien des codes, s’inspirant de morceaux de musique classique ou piochant dans l’arsenal de rythmes militaires, en accompagnant le tout au synthé. Avec leurs morceaux très organiques, ils font le pari de jouer tout un concert sans guitare ou batterie, remplacés par des instruments moins utilisés, comme de gros tambours, une trompette, un trombone et un tuba. Mélange réussi.

 

 

22h tapantes, dans la très jolie salle du Cirque Royale à Bruxelles et après les concerts de Thomas Azier et de V.O , les huit musiciens de Woodkid montent sur scène. Yoann Lemoine, à qui l’ont doit notamment les clips Born to Die et Blue Jeans de Lana Del Rey, vient nous montrer qu’il n’y pas que derrière une caméra qu’il est doué. Casquette vissée sur la tête et barbe de trois jours, dès que le gaillard ouvre la bouche, on comprend qu’on va en prendre plein les oreilles. Sa voix s’élève, chaude, grave et un peu cassée. Mais Woodkid, ce n’est pas qu’une voix, c’est aussi de l’arrangement musical en bouteille !

 

 

 

Le groupe s’échauffe sur deux balades, dont Baltimore Fireflies, qui sont suivies de The Boat Song, de Brooklyn, qui fait la part belle au piano, et The Wasteland.

 

 

Les choses sérieuses commencent avec The Golden Age (« L’âge d’or »), titre-phare et nom du premier album du groupe, attendu pour la fin de l’année. Les lumières se font jaunes, les instruments à vent s’emportent, les tambours s’y mettent. Le public est ravi. C’est à ce moment que le groupe entame l’air du désormais culte Iron, qui les a fait connaître auprès d’un plus large public. Ça saute et ça crie dans la foule. Très bonne chose que de l’avoir gardé pour la presque fin. Woodkid prend des risques et c’est très bien comme ça.

 

 

On a beau l’avoir entendu des centaines de fois, le live est l’occasion de redécouvrir vraiment ce morceau, entre les jeux de lumières et de tambours. Il est suivi du prochain single du groupe, qui sortira ce lundi (et dont voici la previewRun Boy Run. Yoann tombe à genou devant ses musiciens. Le concert se termine par The Other Side, dernier morceau de l’album, qui sonne comme une marche funèbre, et ça a son importance car l’album promet de nous raconter une histoire.

 

 

 

Le groupe avait joué à la rotonde, en octobre dernier, devant un public de 250 personnes et sont manifestement ravi de voir ce nombre augmenter aussi vite. Maintenant que l’album est presque fini, Yoann avoue : « on a vraiment  beaucoup travaillé et on est très fatigué et très ému ce soir« .

Woodkid en concert, c’est aussi toute une scénographie visuelle. Les lumières et les flashs se synchronisent aux gros tambours, mobilisant plusieurs de nos cinq sens, et faisant du concert une expérience globale. Les deux batteurs, un de chaque côté de la scène, frappent les tambours en même temps, dans une belle harmonie.Yoann se retourne souvent pour faire face à ses musiciens, n’hésitant pas à tourner le dos au public. Sur The Other Side, c’est la main sur le cœur que les musiciens arrêtent de jouer un instant. Ils prennent du plaisir à jouer ensemble et ça se voit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un rappel de deux morceaux, (« Vous ne croyez quand même pas qu’on allait partir comme ça, c’était une blague« ) The Shore et une version revisitée de Iron, c’est l’heure pour le groupe de partir. « On reviendra avec des femmes nues, des hommes nus, des lasers, des éléphants, des chevaux, des oiseaux et nous!« . On attend de voir ça avec impatience.

 

 

Article et photos : Camille Wernaers

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