Gloire à Aladeen, le plus grand dictateur du monde

Quand Sacha Baron Cohen sort un film, les spectateurs savent à quoi s’attendre. Et son nouveau personnage, le dictateur arabe Aladeen, a déjà fait le tour de la croisette du festival de Cannes. Une chance, son film  est sorti en Belgique ce mercredi (le 20 juin pour nos voisins français). Faut-il redouter un navet navrant comme Brüno ou se réjouir en espérant un digne successeur de Borat? Réponse avec Lapige qui a découvert The dictator.

Faire rire une salle de cinéma en parodiant le pire dictateur connu est un pari osé et difficile. Charlie Chaplin avait réussi en son temps, Cohen s’en sort également haut la main. Et son pastiche des dictateurs arabes n’était pas gagné davance. Aladeen, tyran sanguinaire de la République autoritaire du Wadiya est riche de son pétrole et maintient l’ordre sur sa population par la terreur. Mais ses projets de développer l’arme atomique suscite les craintes internationales et seul un discours devant l’ONU peut empêcher une guerre contre la communauté internationale.

Vous vous doutez que le voyage ne sera pas de tout repos et Aladeen va rapidement se retrouver remplacé par un sosie et tout perdre. Passer du chef suprême d’une nation au sans-papier anonyme est l’occasion de voir une avalanche de gags.

Et c’est ce qu’on redoute avec Sacha Baron Cohen. Car si la salle hurle de rire, il faut clairement annoncer que certaines blagues sont de trop (il devrait les laisser aux American Pie) et qu’il vaut mieux ne pas prendre au premier degré le racisme, la misogynie, l’antisémitisme ou l’hommage à Kim Jong-Il. Pour situer clairement le film, on rigole autant que devant Borat. Si vous n’aviez pas supporté ce premier, inutile donc de vous rendre au cinéma. Certaines scènes sont juste hilarantes comme le passage dans l’hélicoptère et les réflexions sur l’industrie pétrolière ou les dérives de nos démocraties font mouche.

Car derrière l’humour lourdingue se cache une véritable critique. Comme pour ses autres films, une partie du public rira des blagues pipi-caca. Une autre des réflexions sur les travers de la société occidentale. Et toute la salle des caricatures faites des pires criminels de l’humanité, révélant la folie qui les habite et le ridicule de leurs manies. The dictator aura au moins ce mérite, faire s’intéresser le public aux dictatures toujours existantes sur terre. Le choix de l’humour était-il le meilleur choix pour cela? C’est à chacun d’en décider.

 

 

Le site officiel de la République de Wadiya.

Cédric Dautinger

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