The Whistleblower, film à ne pas passer sous silence

Kathryn Bolkovac est une policière, originaire du Nebraska. Divorcée, on lui a retiré la garde de sa fille. Alors, quand on lui propose de partir pour une mission de maintien de la paix de l’ONU en Bosnie, elle n’hésite pas, aidée par son bon cœur et une solide paie. Jamais elle n’aurait deviné découvrir ce sur quoi elle va tomber là-bas. Une histoire inspirée de faits réels et présentée lundi au BIFFF en avant-première belge et dans la catégorie « compétition internationale ».

On  les appelle les « Whisteblower », mélange de « Blow », souffler et « Whist », sifflet. En français, ce sont les « lanceurs d’alerte ». Cette expression désigne des personnes qui décident de braver le système pour dénoncer aux instances officielles ou aux médias les éléments dérangeants de notre société. Ils le font pour le bien commun, à la différence des délateurs qui agissent essentiellement dans un but personnel. Kathryn Bolkovac, jouée par une éblouissante Rachel Weisz, est clairement de la première espèce.

 

 

En 1999, la guerre de Yougoslavie est sur le point de se terminer et la Bosnie de devenir indépendante. C’est dans cette situation difficile que nous plonge le film, en suivant le parcours de cette jeune policière, tout aussi perdue que nous dans ce conflit qui oppose chrétien et musulman, Serbes et Bosniaques. Très vite, elle se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond dans un bar très fréquenté par les membres de l’ONU et les autres agents internationaux. Elle ne tarde pas à découvrir que la bar prostitue des jeunes filles, enlevées à leur famille. La plupart des hommes bosniaques étant morts durant la guerre, ce n’est pas vers eux que se dirigent la prostitution et le trafic d’êtres humains, mais bien vers les membres des instances internationales présents sur place alors que leur rôle est de protéger la population. Commence alors une course contre la montre pour Kathryn, seule contre ce système révoltant mais que tout le monde s’obstine à protéger.

 

 

Le film reste très sobre mais arrive à nous faire sentir énormément d’empathie pour ces jeunes femmes, violées, tabassées, tuées au nom de l’argent et du machisme. Ce même machisme que devra affronter Kathryn dans son combat. Rachel Weiczs joue magnifiquement bien ce mélange de force, de colère et de vulnérabilité face à cette machine implacable qui se met en route contre elle.

Au BIFFF, il n’y a pas que les films d’horreur qui font froid dans le dos. Ce thriller aussi. Et quand on sait que ce film est inspiré d’évènements réels, là on tremble carrément. Une bonne claque cinématographique.

 

 

 

Site officiel 

Site de la « vraie » Kathryn Bolkovac

Camille Wernaers

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