The Cabin in the Woods, entre slasher conventionnel et délire entre potes

Cinq étudiants partent pour un weekend dans une cabane perdue au fond des bois. Parmi eux bien sûr, les deux mecs sportifs, la fille intello et vierge, la salope qui a pour seul pêché de ne pas être vierge et de ne s’habiller qu’en mini-jupes ou mini-shorts, et bien entendu le boulet sympathique. En sachant que ce film nous est présenté comme un slasher, vous pressentez ce qu’il va arriver. Et oui, voilà, c’est exactement ça. Mais pas seulement.

 

 

Ne croyez pas ce que vous disent les producteurs, les réalisateurs et la publicité, qui voudraient vous faire croire que ce film révolutionne le genre, déjà très codé et simpliste, du slasher. La grande partie du film joue sur les codes habituels de ce genre de film. Révolutionnaire vraiment ? Les hommes musclés jouent aux football américain, les filles sont complètement nunuches et l’idiot fume des joints. Rien de nouveau sous le soleil du slasher. D’ailleurs, pourquoi doit-on voir du sein et de la fesse (de femme uniquement) dans la plupart des films d’horreur modernes ? Cette caractéristique est presque présente dans chaque slasher qui sort, y compris les remakes et suites des aventures de nos tueurs préférés…  Ce n’est pas parce qu’on veut voir du sang qu’on cherche aussi à voir des scènes de cul, qu’on se le dise. L’instrumentalisation du corps de la « salope », une ficelle vraiment trop facile et pas des plus révolutionnaires (toujours la même idée d’exciter le voyeurisme malsain des spectateurs, merci bien) dont la tendance actuelle est même à l’inversion (la figure de la vierge meurt, la salope survit). Toutes les ficelles bien connues du slasher sont utilisées puis plus ou moins tournées en ridicule. Un film qui se moque de lui-même mais sur le mode : »Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

Il faut également préciser que la cabane au fond des bois est également surveillée par d’étranges scientifiques un peu aigris et insensibilisés aux images d’horreur qu’ils ont sous les yeux. Que penser des rires de la salle face à leur manque de réactions devant les images de mises à mort cruelle d’un des jeunes personnages ? Car cette scène nous renvoie bien sûr à notre propre voyeurisme, nous qui venons nous asseoir dans une salle de cinéma nous divertir du meurtres sanglants de cinq personnes. Peut-être une des scènes les plus intéressantes du film.

Il y a vraiment deux films dans The Cabin in the Woods, laissant une impression de travail brouillon. La première partie est plutôt consensuelle et essaie de tourner en dérision les codes du slasher « traditionnel ». Par contre, la seconde partie… Part dans tous les sens. On ne révélera rien ici pour ne pas vous gâcher la surprise (et de toute façon, c’est indescriptible) mais il faut avouer que le film se transforme en un gigantesque délire entre potes, avec quelque scènes assez déjantées. Drew Goddard (Cloverfield) et Joss Whedon (le créateur de la série Buffy) n’y vont pas de main morte.

Tout n’est pas à jeter dans The Cabin in the Woods, et on avoue avoir bien ri à certaines blagues. Reste un film trop inégal, et c’est dommage puisqu’au vu des nombreuses références à de très bons films et jeux vidéo d’horreur, les scénaristes connaissent leurs classiques.

A voir pour se faire une idée dès le 2 mai dans nos salles.

 

 

 

 

Camille Wernaers et Cédric Dautinger

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