La Chispa de la vida, folie médiatique quand tu nous tiens

Roberto est un ancien publicitaire influent. Aujourd’hui au chômage, il supporte très peu cette situation et essaie par tous les moyens de trouver un travail. Alors qu’il vient de se voir refuser un autre emploi, il se rend dans l’hôtel dans lequel il a passé sa nuit de noce… Sauf que l’hôtel a été remplacé par un musée, en plein travaux. Alors qu’il déambule dans les couloirs, Roberto fait une grave chute et se retrouve avec une pique en fer plantée dans la tête. Les médecins ne sachant pas comment l’extraire, Roberto va rester coincé plusieurs heures. Les médias et les badauds affluent et Roberto y voit un moyen de retrouver sa gloire perdue et de l’argent. Le film était présenté dans la catégorie Thriller du BIFFF.

 

 

Critique du système médiatique et de l’intransigeant monde de l’entreprise, prêt à tout pour sauver ses intérêts. On retrouve beaucoup de Kafka dans ce film, qui nous montre comment l’entreprise en vient à déshumaniser. Le film critique aussi nos médias et notamment le traitement médiatique des mineurs chiliens coincés plusieurs semaines au fond de leur mine. Vous savez, ceux dont la planète entière, par le biais de ses médias, a suivi le combat pour la survie ? Qui s’en souvient ou s’y intéresse aujourd’hui ? C’est tout le propos de ce film, qui fait dire à l’un de ses protagonistes qu’on ne se rappellent plus des mineurs parce qu’ils s’en sont sortis… Vivants.

 

 

Un film extrêmement cynique donc, mais qui réussit à nous faire rire par l’utilisation de l’absurde de situation. Comme lorsque Roberto négocie le contrat d’un placement de produit sur le lieu de l’accident, lieu qui retient bien sûr toute l’attention des médias. « Pourtant il y a quelques heures, personne ne voulait me parler » réplique Roberto (joué par un Jose Mota des plus brillants) qui croule sous les demandes d’interviews alors qu’il est toujours coincé à terre et qu’il espère devenir une star de la télé, tout en sachant qu’il sera « oublié demain » (comme les « stars » de la télé-réalité). Salma Hayek joue superbement la femme (et seule conscience) de Roberto.

 

 

La Chispa de la Vida (l’étincelle de vie) nous interroge aussi sur notre voyeurisme, qui peut aller très loin. Jusqu’à souhaiter la mort en direct d’un homme ? Il faudra regarder cet excellent film espagnol pour le découvrir même s’il ne fait pas peur, un comble pour le BIFFF !

 

 

 

 

 

Wernaers Camille

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