Carré blanc, l’indifférence fait film

Le BIFFF voit défiler chaque année des films de la planète entière mais aussi quelques productions bien de chez nous. Carré Blanc en fait un peu partie puisqu’il a été coproduit et tourné dans trois pays : la France, le Luxembourg et la Belgique avec la boîte Tarantula. Ce thriller est le premier long-métrage de Jean-Baptiste Leonetti, après son court-métrage Le pays des ours dont on retrouve ici quelques images, mais surtout la froideur esthétique qui colle parfaitement au film. Car la dystopie choisie par le réalisateur n’a rien de drôle, malgré les éclats de rire provoqués par les remarques typiques du public du BIFFF. Pourtant, Carré Blanc est loin d’être un film dépressif, c’est même une perle dans son genre.

 

 

L’introduction, glaciale à souhait dans un milieu réfrigéré, donne d’ailleurs immédiatement le ton. Dans une société occidentale où les émotions sont annihilées et où les faibles sont transformés en viande hachée, la pression sociale pousse de nombreuses personnes au suicide. Philippe (le toujours excellent Sami Bouajila) et Marie (Julie Gayet, que nous avons rencontré) sont deux orphelins que le destin va réunir mais, vingt ans plus tard, le système pourrait bien faire exploser leur couple. Reflet déformant de notre société de consommation, Carré Blanc est une magnifique mise en garde contre la déshumanisation, la violence gratuite et l’individualisme.

 

 

 

Présenté comme inspiré par 1984, on pense également à Soleil Vert, preuve que des cinéastes continuent de s’interroger sur les dérives de notre monde contemporain. Mais Leonetti a su imposer son style déroutant et se démarquer par son travail minutieux. Le visuel est une véritable claque dans la figure du spectateur et l’audace du réalisateur et de son équipe a payé. Que vous soyez fan de cinéma recherché ou non, Carré Blanc est un film à voir et Leonetti un réalisateur à suivre !

Carré Blanc de Jean-Baptiste Leonetti from Tarantulabelgium on Vimeo.

 

 

Sortie au cinéma le 18 avril (à Bruxelles (Cinéma Aventure) et à Namur (Cinéma Eldorado), le 9 mai à Mons (Plaza Art) et le 22 mai à Liège (aux Grignoux)).

 

 

Notre interview de Julie Gayet, actrice principale du film.

Cédric Dautinger

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>