Un bal qui casse des briques

Le bal d’architecture clôture chaque année la saison des bals à l’ULB. La raison ? Les étudiants de cette section réhabilitent un lieu bruxellois laissé à l’abandon durant une semaine. La Pige est partie à la découverte de l’envers du décor.

 

Ça cogne fort dans la rue de Malines ce jeudi matin. Des étudiants en architecture sont en train de déblayer les portes condamnées d’un cinéma à l’abandon.

Quand on a proposé à la Pige de visiter les travaux sur le lieu du prochain bal d’archi, on ne s’attendait pas à une telle claque ! C’est sûr, l’endroit a de la gueule. « Ici, nous sommes dans un vieux cinéma, le « Variétés », qui a fermé ses portes en 1983« , explique Joachim Schmit, un des organisateurs. « A la base, le bâtiment retenu cette année était le Tri Postal de la Gare du Midi. Mais suite à la demande du ministre du Logement d’ouvrir les bâtiments de la SNCB aux SDF en décembre, la société a décidé de se retirer du projet ».  Il a donc fallu aux trois organisateurs un peu d’ingéniosité pour retomber sur leurs pattes et trouver rapidement un nouveau lieu. « On est tombé sur un blog, dans lequel un blogueur expliquait comment il était entré par un des soupiraux et était arrivé dans la salle principale de ce vieux cinéma désaffecté. Il nous a suffit de refaire son parcours pour entrer. Et on s’est dit que c’était le bon lieu ».

La salle principale, de 1000 m², est l’ancienne salle de cinéma avec encore un reste d’écran qui s’effiloche au plafond. C’est ici que sera installé le bar, que les étudiants étaient justement en train de construire à notre arrivée. « C’est ce qui fait l’attrait de ce bal, on construit tout de A à Z, donc on disque, on scie, on perce. Mais on se frotte aussi aux réalités du métiers d’architecte, qui est avant tout d’être un gestionnaire. Il faut s’assurer que les gens arrivent au bon endroit aux bon moment pour travailler, mais aussi assurer le volet paperasserie avec les pompiers, les assurances, etc. », reprend Joachim. Le reste de la salle monte vers le plafond comme une salle de cinéma classique. Le tout rivaliserait presque avec le Grand Eldorado de l’UGC De Brouckère.

 

Ce bal est à haut risque financier. Le budget de 50.000 euros, entièrement financé par le cercle, mise tout sur la vente des places et des boissons. Autre risque, celui de ne pas finir dans les temps. En effet, tout doit être fini en une semaine. « Cela fait un semaine qu’on dort quatre heures par nuit et sur place pour la plupart. Le plus dur, c’est la poussière, omniprésente, vu que le lieu n’a plus été utilisé depuis 1999, pour une autre édition de notre bal. On a même retrouvé des restes d’animaux morts », sourit Joachim.

 

Cette année des graffeurs ont été invités à taguer les murs. Certaines fresques, notamment celles de la Dark Room, seront fluorescentes le soir du bal, des « dark lights » descendront des bouches d’aération pour les illuminer. « Vous imaginez, on donne un endroit comme ça à des graffeurs, et on laisse faire ce qu’ils veulent sans rien risquer avec la police, ils s’en donnent à cœur joie ! », explique Fabrizio Bucella, professeur de la faculté d’architecture et superviseur du projet.

 

 

 

 

Les étudiants, par la réhabilitation de ce lieu pour leur bal, interrogent aussi la gestion des vieux bâtiments par la Région Bruxelloise. « Il y a tellement de beaux endroits à rénover qu’on laisse juste pourrir. Nous, on leur montre ce qu’on peut réussir à faire avec un peu de motivation », clame Joachim.

Après on nous dira que les jeunes ne rêvent plus de rien et sont des fainéants… Ceux d’architecture en tout cas vous donne rendez-vous ce soir pour venir voir le résultat final, 2000 personnes sont attendues !

 

Camille Wernaers et Cédric Dautinger
Photos : Camille Wernaers

7 Comments

  1. boudi

    30 mars 2012 at 1:05

    wouhouuu! chouette article les gars!! venez tous ce soir!

  2. bruno

    9 avril 2012 at 9:55

    triste de voir le résultat, ce bâtiment à l’abandon depuis 30 ans mais dont la façade, la tour, la toiture avaient été sauvés de la mérule grâce à l’asbl la rétine de plateau n’avait pas besoin d’une bande de soiffards qui n’ont en rien respecté ce haut lieu du spectacle qu’il a été. Pour des « étudiants » en « architecture » c’est déplorable. Sachez que ce bâtiment est officiellement classé depuis 2002, de ce fait comment ont-ils pu tager ainsi les murs ? je me demande dans quel état elle sera laissée après ces libations, il suffit de voir les centaines de photos sur le site du caré pour se rendre compte de la beuverie (comptez les bouteilles de j&b en arrière plan), au niveau des sanitaires on se demande où ont été se vider ces fiers adeptes d’une certaine architecture de circonstances. Bravo la communauté française si vous avez décidé de saboter totalement cette salle vous ne pouviez mieux vous y prendre

  3. Nathan

    6 juin 2012 at 10:59

    Bonjour Bruno,

    permettez-moi de répondre à vos questions. Comme dit plus dans l’article, le but du bal est, outre l’organisation d’une soirée étudiante, la réhabilitation temporaire d’un lieu emblématique de Bruxelles laissé à l’abandon. Alors certes on y a pas bu que du thé, mais on ne peut pas enlever le mérite au cercle d’avoir permis à ce lieux de revivre auprès du public le temps d’une soirée. Pensez-vous qu’il soit plus efficace comme promotion de le laisser à l’abandon?

    Concernant vos craintes pour l’atteinte à l’édifice, comme vous l’avez souligné, certaines portions de mur ont été taguées. Mais vous constaterez également sur les photos qu’ils ont été réalisés sur des portions bien définies et qu’un coup de peinture suffira à les faire disparaitre. Concernant vos inquiétudes de logistiques d’aisance, sachez également que de nombreuses toilettes de chantier on été mis à disposition en dehors du cinéma.

    Enfin, pour ce qui est de l’état de la salle après la soirée, l’équipe bal passe encore une semaine entière (hé oui, encore une!) à nettoyer de fond en comble le lieux. Il est vrai que la plupart de ces précisions ne figurent pas dans l’article, mais la moindre des choses est de se renseigner avant de polémiquer.

    Voilà, j’espère avoir répondu à vos inquiétudes. Bien à vous,

    Un ancien du cercle

  4. Xavier

    15 juin 2012 at 3:18

    Bonjour à tous,

    je m’appelle Xavier,

    je n’ai pas bu depuis une dizaine d’heures.

    Cependant l’alcoolisme qui me ronge depuis que j’ai intégré le Cercle d’Architecture octroie à mon esprit de rares instants de lucidité. Et puisque c’est le cas en ce moment, vous permettrez, Bruno, que je vous réponde.
    Avec l’assurance moralisatrice d’un homme irréprochable, vous qualifiez d’emblée les membres du CARé de « bande de soiffards » : j’imagine que vous faites allusion aux kilos de poussière avalés quotidiennement par ces bénévoles (qui font partie, eux aussi, d’une ASBL légalement constituée) afin de rendre l’endroit praticable ? Dans le cas contraire, sifflez-en une à ma santé, Bruno, vous frôlez dangereusement l’insolation.
    Je ne suis pas « étudiant » en « architecture », mais je sais, moi, Monsieur, consulter des archives. L’orthographe n’étant pas vraiment votre fort, vous nous accusez d’avoir « tagé » les murs : faites de courtes recherches et vous constaterez que les parties repeintes ne rentraient pas dans le cadre de la procédure de classement survenue en 2002.
    Manifestement vous aimez compter (seriez-vous comptable ?), surtout les bouteilles. Je vous informe que tout le matériel et les déchets présents ont été évacués dans la semaine qui suivait l’événement. Et je regrette votre absence lors de la semaine de montage : à défaut de bouteilles, vous y auriez dénombré avec joie les seringues usagées abandonnées sur place par de précédents occupants.
    Vous vous demandez où nous avons été « nous vider » ? Je vous remercie de me permettre, par ces mots choisis, de démontrer à quel point vous vous faites une idée sublime de l’Humanité. Épargnez donc aux honnêtes gens votre obsession manifeste pour les récipients : une personne civilisée ne parle pas d’êtres humains comme de sacs ou de flacons.
    Vous semblez en vouloir à votre amie / institution culturelle / Mère Nourricière (bifflez les mentons inutiles) la Communauté Française : auriez-vous préféré qu’elle se contente de laisser lentement glisser vers d’ingrates ténèbres ces lieux que vous semblez chérir, plutôt que de les laisser coloniser par d’ouvrières abeilles qui ont su y distiller, l’espace d’une longue nuit, la plus solaire lumière ?
    Décidément, Bruno, vos buts sont aussi sombres vos fantasmes. Comme je sens poindre en moi des phrases qui s’écartent du cadre de la plus stricte cordialité, je vous laisse cet os à ronger en vous souhaitant une bonne journée.

    Xavier, étudiant en deuxième cycle, délégué du cercle.

  5. Bruno

    18 juin 2012 at 6:13

    Xavier

    Votre verbiage inutile (comparé à la réponse toute en diplomatie de Nathan) en tant que réponse m’honore car il reflète votre courroux immature. En effet mon orthographe et ma grammaire ne sont peut-être pas irréprochables pour quelqu’un dont le français n’est pas la langue maternelle. Mon intervention ayant été initiée sur le coup de l’exaspération des outrances à la langue de molière s’y sont sans doute glissées. Nous pourrions poursuivre selon votre choix en anglais, allemand, neerlandais ou espagnol sachant que toutefois je commets également quelques impairs dans chacune d’entre elles mais vous faites certainement mieux. Quant à la communauté française elle est la seule et unique responsable de l’état dans lequel se trouve la salle. Les ténèbres ? cette salle s’y trouve depuis qu’elle est sous le girond de cette belle institution. Elle fut achetée afin qu’elle échappe à son ennemie (la communauté du nord) et se morfond depuis sans aucun espoir de réhabilitation et ce n’est pas votre occupation qui y aura changé quoi que ce soit bien au contraire. Les fresques murales ont été vomies sur des murs n’ayant pas fait l’objet d’une procédure de classement ? peut-être mais vous n’avez en tout cas pas respecté l’harmonie (même délabrée) du lieux. Cet endroit n’a pas besoin d’une réhabilitation de circonstance mais bien d’un projet concret projeté dans le futur ce que vous n’êtes visiblement pas prêt de proposer.

  6. Bruno

    18 juin 2012 at 6:25

    Je viens d’examiner quelques photos prises lors de vos libations et puis sur base de ces dernières vous dire que des « oeuvres picturales » ont bien été apposées sur des parties classées à l’intérieur de la salle et ce contrairement à ce que vous affirmez. L’arrêté de classement est disponible sur le net et détaille les parties concernées, comparez avec les nombreuses photos parues sur votre page facebook ce n’est pas compliqué.

  7. Marie

    21 février 2013 at 7:29

    Avons nous besoin de dresser une liste des bâtiments certes classés mais laissés à l’abandon? Et ne parlons même pas de ceux qui méritent notre intérêt sans pour pour autant être sur cette liste!

    Les bals de architectes ont le mérite de porter un coup de projeteur sur ces bâtisses. Et les faire revivre le temps d’un instant.

    Devons nous les laissez dans leur jus au nom du « respect » des lieux?

    Sans un coup de lumière de temps à autre, l’oubli rimera avec l’abandon, l’abandon rimera bien vite avec insalubrité et on se retrouvera avec un bon vieux promoteur, bien loin du mécène, qui nous fera du bon vieux « façadisme à la Bruxelloise ».

    Pour avoir vécu l’aventure, le respect des lieux est au centre du projet.

    Que croit on? Que l’on laisse un bâtiment à une bande de chacal sans encadrement? M’enfin! On ne laisse pas 2000 personnes investir un lieu sans un regard.

    Quand aux boissons, ne fustigeons pas. Et concentrons nous sur le travail bénévole de ces étudiants. Deux semaines éreintantes et deux buts, faire un bal réussi et rendre les lieux dans un état acceptable.

    Dans cette période de crise, il faut des idées.

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