The Hunger Games, vous en reprendrez bien un bout ?

C’est avec des pieds de velours que La Pige s’est rendue à l’avant-première du film The Hunger Games, adaptation du premier livre de la trilogie de Suzanne Collins. Si le sujet du livre est extrêmement intéressant, sa réputation de « livre pour adolescentes » lui porte préjudice (l’éditeur est Pocket Jeunesse). Verdict ? C’est bien dommage. Surtout que cette adaptation cinématographique est des plus réussies. Décryptage.

 

 

The Hunger Games nous présente une Amérique post-apocalyptique. Après la rébellion de douze « districts »,  le Capitole a instauré un régime répressif pour empêcher toute nouvelle rébellion. Chaque année a lieu les Jeux de la Faim (The Hunger Games), une émission de télé-réalité très regardée. Tous les districts y envoient deux enfants, un garçon et une fille, tirés au sort pour y participer en tant que tribut pour leur rébellion ratée. Parmi les 24 enfants ou adolescents participants, un seul gagnera. Le film suit Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence), qui vit dans le dernier des districts, le 12, et  qui se porte volontaire pour participer aux Jeux à la place de sa petite sœur.

Les livres de Suzanne Collins, car The Hunger Games est une trilogie, sont donc une dystopie. La dystopie est un récit de fiction, opposé de l’utopie, décrivant un monde imaginaire, généralement répressif, dont les habitants ne sont pas des plus heureux. Il est utilisé pour mettre en garde contre l’avènement possible d’une telle société. La dystopie permet de critiquer des caractéristiques bien modernes de nos sociétés tout en ne se faisant pas censurer, puisque décrivant un monde qui n’existe pas… Mais qui ressemble beaucoup au nôtre ! Ainsi, 1984 de George Orwell en est le plus connu.

En découvrant le scénario, tout de suite, on pense à l’histoire du Minotaure et de Thésée, celui des récits mythologiques de la Grèce Antique, dans lequel des jeunes gens sont envoyés, eux aussi comme tribut pour une guerre perdue, dans un labyrinthe afin d’affronter le monstre à cornes. L’histoire fait penser aux célèbres gladiateurs romains, qui servaient à l’Empereur de catalyseurs pour contrôler la population sous le mot d’ordre « du pain et des jeux« .

Le film, co-écrit et co-dirigé par Suzanne Collins elle-même et dirigé par Gary Ross, fait également écho au pires moments du régime nazi, notamment par l’utilisation de la propagande filmée, par la scénographie de grands discours et par l’architecture, tout en lignes droites et béton.

Le tout est très bien filmé, avec notamment l’emploi de la caméra subjective nous faisant vivre certaines évènements aux côtés des protagonistes. Nous avons apprécié qu’on nous montre enfin des enfants qu’on ne peut vraiment pas qualifier d' »innocents » ! Dans ce film, ils mentent, manipulent, traquent et même tuent. Un bon coup de pied dans la fourmilière de l’idée très chrétienne d’enfant « angélique ».

 

 

 

Critique évidente de notre société du spectacle, le film nous montre comment une émission de télévision manipule les masses, en nous la faisant vivre de l’intérieur. Il critique les dérives d’une telle société, qui permet à un régime répressif de maintenir les peuples sous son joug. Peut-être nous demande-t-il aussi de nous interroger sur ces émissions de télé-réalité qui poussent la compétition à leur paroxysme, avec des concepts qui vont toujours plus loin, qui deviennent toujours plus spectaculaires…

Le film réussit très bien à nous transporter dans ce monde, noms inconnus, paysages spectaculaires, costumes et maquillages hallucinants, c’est sûr, devant The Hunger Games, on en prend plein les yeux.

Alors non, The Hunger Games n’est pas un film pour midinettes. Loin de là. Sous le couvert de nous raconter une histoire distrayante, il nous fait d’abord réfléchir sur certaines caractéristiques de notre société. Et ça fait du bien. A voir dans nos salles dès le 21 mars prochain.

 

 

 

 

Le site officiel.

Camille Wernaers

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