Coup de foudre à l’ULB

Quel est le lien commun entre un coup de foudre amoureux, internet et l’ULB ? A priori, aucun. Mais c’était sans compter sur le site firstsight.be qui permet de retrouver une personne dont on est tombé sous le charme dans la rue, le tram, ou en TD. Concept entièrement imaginé et réalisé par des étudiants de l’ULB, le site propose de créer une annonce  dans le style « Kiss and Ride » du journal Metro. Une chouette idée pour retrouver le beau brun du tram 81.

 

 

« Tout a commencé quand j’ai croisé une jolie demoiselle dans la rue. Nos regards se sont croisés et on s’est souris, mais je ne voulais pas faire le mec lourd et aller l’aborder; je n’avais d’ailleurs aucune idée de comment faire, d’une manière un minimum distinguée. Donc je n’ai pas osé l’aborder. Et je me suis dit pourquoi ne pas créer un site internet qui permette de retrouver ce genre d’occasion perdue« . C’est grâce à cette belle histoire qui aurait pu être romantique que Sacha Schmitz, créateur de Firstsight et alors étudiant à Solvay, a décidé d’utiliser ses talents de geek. Il avait déjà travaillé sur des sites d’entreprises avant d’ouvrir Firstsight, pour lequel une réelle demande existe. « Combien de personnes, en lendemain de soirée, n’ont pas essayé de retrouver sur Facebook, en passant d’amis en amis, une personne qu’ils avaient croisé la veille? Ça peut prendre la journée ! Alors que là, en postant ton annonce, tu as déjà fait une démarche utile« .

Ne mentionnez pas (devant lui en tout cas) Firstsight comme étant un site de rencontre classique :  « Il s’agit d’un site internet qui t’aide à retrouver quelqu’un, pas à rencontrer quelqu’un. Cette personne, tu l’as déjà rencontré, tu sais qu’elle fréquente les mêmes endroits que toi, et cela élimine les dangers des sites de rencontres, quand la personne ne te plait pas en vrai, ou n’existe pas. Ici, tu peux retrouver virtuellement une personne que tu as croisée réellement« . D’ailleurs, les deux personnes doivent confirmer avoir flashé l’une sur l’autre et s’être effectivement déjà rencontrées avant de pouvoir commencer tout contact. Il est également impossible d’y poster plus d’une annonce par jour… de quoi décourager la créations de faux profils.

Google Map et intervalle de confiance

Concrètement, une petite annonce Firstsight comprend votre sexe et celui de la personne recherchée, vos deux descriptions, le lieu et la date de la rencontre, comme un bar, une boîte, un arrêt de la STIB ou simplement une rue, qui sera localisé sur une carte Google Map. « On a également importé la base de données de la Stib, pour faire en sorte de maximiser la précision de l’annonce. Si je me dis que je me suis arrêté à tel arrêt, le site utilise un intervalle de confiance de deux arrêts au cas où je me suis trompé ou au cas où  l’autre s’est trompé. On a vraiment essayer de penser à tous les scénarios possibles, par exemple, la personne recherchée était dans le tram puis est descendue, il faut pouvoir clarifier les coordonnées géographiques de tous les arrêts, comme cela même si la personne met dans m’annonce « rencontre dans la rue », et l’autre rencontre dans le tram, cela peut fonctionner, ils peuvent se retrouver », sourit Sacha.

Le nom du site vient bien sûr de l’expression anglaise « love at firstsight » (coup de foudre) mais Sacha avoue qu’il crée quelques difficultés de communication : « quand je dis que j’ai créé mon premier site, qui s’appelle  first sight, les gens pensent que cela signifie littéralement « premier site » (site en anglais se prononçant « saite »), le mot « sight » n’est pas très connu pour le personnes qui n’ont pas un bon niveau d’anglais donc on essaie de mettre des vidéos, des logos… pour expliquer« . Après avoir hésité à mettre des petits cœurs et des petits nuages partout, Sacha a décidé de s’orienter vers une image plus professionnelle et dynamique… et Valentin, patron de tous les amoureux, l’en remercie.

 

 

C’est tout seul qu’il a débuté le projet, « tel un geek avec mon ordinateur; ensuite, je me suis dit que je ne pouvais pas tout faire« . Il s’est alors entouré d’une équipe d’étudiants motivés et bourrés non pas des bières de la Jefke mais d’idées. « On a par exemple, quelqu’un qui travaille à la Cambre en stylisme, donc a priori pas quelqu’un avec le même profil que nous. Et pourtant en terme de réflexion et d’esprit critique, elle apporte beaucoup« .

Une affaire de gros sous ?

C’est bien joli tout ça mais on les connait, les étudiants de Solvay, ce site doit bien rapporter quelque chose en terme d’argent ? « Ce n’est absolument pas le but, c’est plus un challenge lancé à des étudiants. L’intérêt, c’est d’avoir une opportunité entrepreneuriale, et voir ce que cela donne. On se teste, on voit jusqu’où on peut aller avec le projet. On veut rester gratuit puisqu’on vise principalement les étudiants, qui n’ont pas énormément d’argent à donner comme ça, juste pour poster une annonce« . L’important pour Sacha, c’est que Firstsight reste un coup de main. Il continue : « Il ne faut y venir tous les jours, et puis faire payer des étudiants pour poster une annonce dont il ne sont même pas sûrs d’avoir une réponse, c’est limite« . L’équipe mise donc tout sur les sponsors et ne pourra pas être accusée d’utiliser la misère affective pour se faire de l’argent. Après une campagne de flyers, en plein blocus, destinée aux rencontres à la bibliothèque, les projets affluent comme l’espoir que le terme « firstsight » se francophonise (on va se « firstsighter ») ou celui plus probable d’un signe de la main qui voudra dire que l’on se donne rendez-vous sur le site.

Déjà 40 retrouvailles

Le site, qui en est encore à sa version bêta, donc non définitive, à déjà un certain succès. Pas moins de 20 retrouvailles se sont déjà produites, 40 personnes s’étant retrouvées, « dont une retrouvaille ce matin ! » s’enthousiasme Sacha. « Il faut que cela devienne un réflexe d’aller sur le site quand on a raté une occasion, en sachant que l’on risque d’y perdre ni son argent  ni son égo. Pour que cela fonctionne, il faut atteindre un maximum de personnes parmi notre public cible : les jeunes bruxellois entre 18 et 25 ans, quitte à s’étendre plus tard. On a décidé de choisir ce public-là pour prendre la température de notre idée parmi des gens que l’on connait bien puisque nous sommes  nous-même le public cible. On sait donc ce qu’ils attendent« .

En surfant sur la vague de l’amour 2.0, ce site a l’avantage d’éviter les poncifs du genre, tout en s’adressant à des jeunes férus de nouvelles technologies. Mais attention, tout abus est dangereux pour la santé

 Camille Wernaers

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