Une conférence à l’ULB vire au chaos

Une conférence sur l’extrême droite était organisée mardi soir à l’ULB. L’essayiste française Caroline Fourest était invitée à venir débattre avec Hervé Hasquin. A l’entame du débat, des agitateurs ont perturbé le déroulement de la conférence qui a du être annulée.

« Burqa blabla ! » Tels sont les mots scandés par un groupe d’étudiants présents à la conférence sur la place de l’extrême droite dans notre société. A l’origine du mouvement se trouve ni plus ni moins que Souhail Chichah, un assistant et chercheur en économie au sein même de l’université. Caroline Fourest, personnalité controversée par certains pour ses prises de positions radicales sur l’intégrisme islamique, était invitée mardi soir, à venir s’exprimer avec Hervé Hasquin, À l’entame du débat, des sonneries de GSM sont venues soudainement perturber l’assemblée. Une mise en scène orchestrée par Souhail Chichah et ses compères, qui s’opposaient à la venue de Caroline Fourest à l’ULB. Revêtus par la suite de burqa et  keffieh, les perturbateurs ont scandé des « Burqa blabla » alors que leur leader Souhail Chichah, était invité par Monsieur Hasquin à argumenter son action. Les autorités de l’ULB étaient au courant de l’initiative lancée sur Facebook  par M. Chichah. Isabelle Pollet, responsable du service de communication de l’ULB, a déclaré qu’ « une « Burqa Pride »  était organisée sur un événement Facebook par Chichah qui lançait un appel à manifester, non pas sur le contenu du débat mais contre la personne même de Caroline Fourest. » La sécurité de l’essayiste était assurée : « Nous avons organisé une surveillance rapproché pour Madame Fourest car elle avait déjà été menacée. Nous avons fait appel à deux gardes du corps externes à l’ULB. »

 

 

Souhail Chichah est un fervent défenseur de l’idéologie islamique. Ce dernier a déjà été confronté à Caroline Fourest par le passé. Des menaces d’entartrages avaient été proférées par les mêmes protagonistes à l’encontre de Mme Fourest, dans le cadre de sa venue à l’ULB pour une conférence organisée en 2007. « Laïque  radicale, islamophobe, féministe convaincue », tels sont les qualificatifs attribués à Mme Fourest par ses détracteurs. La motivation de chahuter sa venue hier soir à l’ULB s’articule autour des positions prétendues « islamophobes » par les agitateurs. Or, Caroline Fourest était venue débattre non pas sur ses positions sur le manque de laïcité et de démocratie dans certains pays arabes ou à majorité musulmanes mais bien sur la place de l’extrême droite dans la société. Auteur d’un livre consacré à Marine Le Pen et le manque de modernité de l’extrême droite, l’essayiste française était invitée à s’exprimer ouvertement au sein d’une communauté de libre-penseurs sur le sujet.


Source: gillesdej (NDLR: il ne s’agit en aucun cas d’intégristes musulmans comme le mentionne le titre et les commentaires haineux)

Les réactions ne se sont pas faites attendre concernant la perturbation et l’annulation de la conférence. Les autorités académiques de l’ULB ont adressé un courriel à l’ensemble de la communauté universitaire pour condamner l’agitation de mardi soir.Hervé Hasquin, par ailleurs ancien recteur de l’ULB, a exprimé ce matin son indignation : « Je suis choqué et outré au-delà de ce qu’on peut imaginer. Je n’accepte pas qu’on mette un frein à la liberté de parole et d’expression de l’ULB ». Une commission disciplinaire concernant le cas « Chichah » sera rapidement prévue. M. Hasquin attend de la part des autorités académiques  que « des mesures disciplinaires soient prises à l’encontre de Souhail Chichah et qu’on le mette hors état de nuire. Il ne faut plus lui permettre d’être étiqueté de l’ULB ». Eddy Caekelberghs, président de l’union des anciens étudiants de l’université (UAE), a réagi par voie de communiquée que « Souhail Chichah porte sa responsabilité. Mais agir de la sorte dans l’université qui l’emploie et appeler des étudiants et chercheurs à l’extrémisme est d’une lâcheté sans nom. C’est, de plus, une faute déontologique majeure. » Ce mécontentement est généralisé au sein du temple de la construction du débat et de la libre-pensée. L’ULB, qui fonde son enseignement et sa recherche sur le principe du Libre-Examen, c’est-à-dire le rejet d’argument d’autorité et l’indépendance de jugement, s’est vu bafouée au sein même de ses établissements.

 

Lettre de l’ULB:

« Chers membres de la communauté universitaire,
Suite aux graves incidents survenus hier soir lors d’une conférence-débat avec Hervé Hasquin et la journaliste française Caroline Fourest, sur le thème « l’extrême droite est-elle devenue fréquentable? », nous souhaitons vous adresser le communiqué transmis à la presse ce mercredi 8 février.

Alain Delchambre, Didier Viviers,
Président du Conseil d’administration Recteur »

Nicolas Franchomme

1 Comment

  1. Ouertani Ahmed-Ridha

    9 février 2012 at 12:17

    Je suis un ancien étudiant de l’ULB et j’ai milité dans diverses associations pour la liberté d’expression.Je trouve scandaleux l’attitude de ce monsieur Souhail CHICHAH. Ce monsieur a perdu une occasion de faire valoir ses arguments et a terni la révolution de tous les mouvements courageux qui ont démarré le 14 janvier 2012 à partir de la Tunisie et du monde arabophone.

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