Quartier Buyl vs Stib

En collaboration avec la commune d’Ixelles, La Stib prévoit de réaménager l’avenue Buyl. Le but : améliorer la circulation des bus et des trams. Le projet, actuellement à l’étude, suscite de nombreuses critiques de la part des commerçants et des riverains.

« Stop Stib ». C’est le message  affiché sur les façades de nombreux commerces et habitations de l’avenue Buyl, à Ixelles. Ce slogan illustre le mécontentement des riverains et commerçants du quartier. La cause de cette colère : le dernier projet de réaménagement proposé par la Stib. Celui-ci est actuellement en phase d’instruction car il est à l’enquête publique. Cette dernière s’achève le 20 février. « Jusqu’à cette date, commerçants et riverains peuvent inclure des réclamations. Ils pourront être entendus par la commission de concertation qui se réunira le 7 mars », rassure Nathalie Gilson, 4ème échevine MR de l’urbanisme à Ixelles. « La commune n’a qu’un pouvoir d’avis. Le permis sera délivré par la Région » ajoute-t-elle. Le coût total du projet est estimé à 5 millions d’euros. A l’ origine de cette initiative, il y a deux projets. Premièrement, celui de la Stib qui, d’ici 2013, entend renouveler les voies de tram de l’avenue Buyl. Et deuxièmement, un projet communal visant à réaménager le square Devèze. Après concertation entre la commune et la Stib, les deux parties se sont entendues pour coupeller les deux projets. Et c’est la que le problème se pose. La Stib veut profiter de ce renouvellement des rails pour rénover l’espace public. Le but : améliorer la circulation des trams et des bus. De nombreux changements sont à prévoir : la création d’un site propre tram-bus dans le sens de la descente entre l’avenue Maurice et le boulevard Général Jacques, la construction d’abribus de 40 mètres, le rétrécissement de certains trottoirs ou encore la suppression de 57 places de parking. C’est principalement sur ce dernier point que se cristallisent les tensions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Michel Breynel a 65 ans. Il vit depuis sa naissance dans le quartier. Il est aujourd’hui conseiller communal et président du comité « Re-vivre à Ixelles ». Il est le chef de file de la contestation. Selon lui, « certains commerces vont mourir à cause de ce projet. La suppression des places de stationnement est le principal souci car nos clients viennent aussi de l’extérieur. Or, s’ils ne peuvent plus se garer, ils ne viendront plus ». Karla Chatti gère une librairie avenue Buyl. Elle aussi s’inquiète de ces places de parking en moins. « Beaucoup de nos clients ne s’arrêtent que quelques minutes pour des cigarettes ou un journal. Sans places de parking, nous perdrons cette clientèle de passage », insiste-t-elle. Omer Kavak est soucieux lui aussi. Il y a trois ans, il a implanté sa propre entreprise de décoration d’intérieur. Il avoue avoir consenti « un lourd investissement » pour s’installer. Son regard s’assombrit dés qu’il évoque le projet. « Ce sont les travaux qui me font peur. Régulièrement, des camions doivent se garer pour me livrer du matériel. S’ils ne peuvent plus s’arrêter, cela me causera des problèmes ». Karla Chatti déplore également la construction d’abribus « géants » comme elles les qualifient. « Cela va porter préjudice à certains commerces qui ne seront plus visibles », affirme-t-elle. L’autre inquiétude concerne la durée des travaux. « On parle de 10 mois mais ce sera plus long. J’ai peur pour mon chiffre d’affaire et mes employés », avoue Francis Perry, gérant de l’épicerie biologique Shanti. « Le renouvellement des rails est nécessaire mais le reste du projet doit être abandonné », conclut Michel Breydel.

Face à cette vague de critiques, la Stib n’a pas tardé à réagir. Elle tient d’abord à vanter les mérites du projet. « La création du site propre fera gagner jusqu’à 5 minutes sur un trajet pour nos trams ou nos bus », affirme An Van Hamme, la porte parole de la société des transports bruxellois. Celle-ci évoque ensuite la problématique des places de parking. Et rectifie. « La plupart des places qui vont disparaître sont sur le square Devèze. Celles qui seront supprimées sur l’avenue Buyl se comptent sur les doigts d’une main », nuance An Van Hamme. Elle tente ensuite de rassurer les commerçants, inquiets face à une éventuelle perte de clientèle. « Ce projet va améliorer la circulation qui sera donc plus fluide. Ceci va dans l’intérêt des commerçants car je suis convaincu que les transports publics apportent de nombreux clients », affirme la jeune femme. Michel Breydel ne veut rien entendre. Il semble sur de lui : « je suis bien décidé à faire avorter ce projet ».

Iban Duhour

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