Some heroes are real

Un cascadeur anonyme à la vie paisible roule la nuit pour des truands. Il ne se sent à l’aise que derrière un volant et met son talent au service de la mafia de sa ville. Mais tout bascule le jour où il se lie d’affection avec sa nouvelle voisine, dont le mari est en prison. Il ne pourra plus rester neutre et se retrouvera embarqué, sans le vouloir, dans une terrible vendetta. C’est l’histoire peu banale que nous raconte Drive, en salle actuellement.

Nicolas Winding Refn nous plonge tout de suite dans le bain dès la très stressante scène d’introduction de son film. On comprend pourquoi Drive a remporté le Prix de la Mise en Scène du Festival de Cannes cette année. L’ambiance de Los Angeles la nuit est magnifiquement retranscrite et  on appréciera la recherche esthétique de plusieurs plans, bien loin d’un énième Fast and Furious (dont on se demande parfois si c’est encore du cinéma, ou une espèce de clip à la gloire de Vin Diesel et des filles à fortes poitrines).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le réalisateur originaire du Danemark nous avait déjà habitué à la violence crue avec Bronson ou Valhalla Rising (on recommande seulement le premier) et ne faiblit pas dans Drive. On est même surpris, presque choqué, quand les premiers meurtres surgissent. Ça se tire dessus au fusil à pompe, ça se poignarde au rasoir, autant vous prévenir donc, certains scènes sont plus que trash.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par rapport au roman du même nom, le film est construit suivant une trame linéaire plus « facile » à comprendre pour le spectateur. Le réalisateur souhaitait également laisser les spectateurs s’imprégner de l’atmosphère de chaque lieu montré dans son film. D’où une certaine lenteur (pas désagréable), magnifiée par le jeu de lumière.

Au niveau bande-son, dont on a beaucoup entendu parler, c’est Cliff Martinez qui est aux commandes. Celui-ci est habitué aux thèmes sobres mais efficaces, comme pour le film Contagion mais on peut lui faire le même reproche : celui de ne pas varier ses morceaux. Heureusement, les morceaux repris d’autres artistes s’intègrent parfaitement à l’image et relèvent le niveau. On vous conseille notamment le morceau de Kavinsky utilisé dans le film ainsi que celui de Collège, qui sonnent tout deux très eighties.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On se sent un peu mitigé en sortant de la séance cinéma car si la moitié du film est franchement sublime, l’autre tourne le tout en farce sans le vouloir et c’est bien dommage. Il est ainsi presque impossible de ne pas pouffer de rire face à certaines scènes, dont notamment celles faisant la part belle à Ryan Gosling. On comprend que son personnage est censé être taciturne et proche de l’ermite, mais les gros plans de plusieurs minutes sur un visage impassible sont-ils absolument nécessaire ? Néanmoins, on ressort de la salle de cinéma avec une impression générale  très positive. Drive ne va pas changer votre vie,  mais c’est un bon film, à voir plutôt au cinéma pour apprécier son esthétique travaillée.

 

 

Crédits photos : cinéart.be

Cédric Dautinger et Camille Wernaers

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