SMILEY ne sourit pas à l’ULB

Ce n’est un secret pour personne, les inscriptions de cette année à l’ULB sont un échec. Des files interminables, un délai repoussé d’un mois, des dossiers en attente pendant plusieurs semaines, des employés travaillant jusque 22 heure pour boucler la masse de travail qui s’accumule… Tout cela serait la faute au nouveau programme informatique du service des inscriptions, le fameux Smiley. Mis en place trop rapidement, son plantage aura rendu les inscriptions par internet impossible, créant le chaos dans les inscriptions des plus tardifs, y compris ceux qui n’avaient pas le choix comme les secondes sessions ou les cas particuliers. Les étudiants et la presse pestent donc contre Smiley mais des voix s’élèvent en interne. Au-delà d’un simple plantage informatique, certaines personnes de l’ULB parlent d’un sabotage volontaire du système.

Amadou attend son agrégation pour son Master en Arts du Spectacle et risque de perdre son VISA lui permettant de rester en Belgique. « Si mon inscription n’est pas traitée pour la fin du mois d’octobre, je ne pourrai pas renouveler mon VISA et je vais me retrouver sans papiers… » Une situation intenable que vit beaucoup d’étudiants, d’autres ne sachant pas s’ils seront acceptés dans leur choix d’étude, d’autres ne figurant pas sur les listes de TP qui ont déjà commencé.

Un simple bug informatique serait responsable de cet échec retentissant des inscriptions à l’ULB cette année… Sauf que, des voix s’élèvent en interne pour dénoncer les fautes de certaines personnes. Une source pointe, par exemple comme responsable l’ancienne directrice du service des inscriptions de l’ULB : Christelle Cotton, désormais à l’UCL.

Mme Cotton se défend de ces accusations :

« Je n’ai en rien saboté le projet bien au contraire, j’ai averti les Autorités de l’ULB des manquements du système, j’ai proposé des alternatives temporaires et faute d’être entendue, j’ai choisi de quitter l’institution. La situation d’aujourd’hui était prévisible, les responsables sont connus et je n’en fais certainement pas partie. »

« On ne peut pas incriminer Mme Cotton. » déclare Isabelle Pollet, Responsable du service de communication de l’ULB. « On ne peut pas sortir une personne du chapeau et lui jeter la pierre, l’ULB met en place un système énorme et excessivement ambitieux, une personne ne peut être responsable d’un échec de celui-ci. »

Le personnel de l’ULB semble donc se renvoyer la balle quant à la responsabilité de l’échec du programme Smiley. Une chose est certaine : tout le monde en subit les conséquences. Les étudiants avec les problèmes d’inscription et le personnel avec les nuits blanches et la pile de dossiers à traiter.

En témoigne ce courriel envoyé par un employé anonyme de l’équipe Smiley le 26 septembre :

« Comme prévu, nous vivons une rentrée académique désastreuse. Les utilisateurs ne maîtrisent pas l’outil, aucun RH efficace. Les réponses données à l’accueil du SI ou au Help Desk-étudiant sont erronées. Il faut quinze jours pour délivrer les cartes et attestations, il reste plus de 1700 dossiers UE non analysés (dont de nombreux dossiers d’étudiants de l’ULB), plusieurs personnes du SI sont malades à long terme… La seule chose qui va bien c’est les nouveaux BA1. On est resté quatre semaines dans une salle informatique au bâtiment U avec une équipe de jobistes pour traiter environ 3000 dossiers. Là, ce fut efficace. »

 

Au point que l’ULB pourrait même revenir sur ses pas et annuler le projet Smiley. Un CA extraordinaire était en effet prévu ce lundi, à midi, pour tenter de faire un bilan du projet. Un courriel explicatif du recteur est déjà dans la boîte de réception des étudiants.

Cédric Dautinger et photos de Jérémie Lempereur

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