L’Autumn Rock Festival sous un soleil d’été

Impossible  de croire que l’été était presque fini samedi à l’Autumn Rock Festival. Si ce n’est le jour qui est tombé à 20h, on se serait cru en plein mois de juillet. De la bière, des lunettes de soleil et de la bonne musique, voilà de quoi oublier que la rentrée, c’est maintenant, et qu’il faudra attendre l’été prochain pour se recoucher dans l’herbe devant un beau coucher de soleil. L’Autumn Rock, c’est le plaisir de voir de très bons groupes en comité restreint, avec seulement 2000 festivaliers pour deux scènes (à titre de comparaison, Werchter génère 60.000 festivaliers par jour). Voilà de quoi profiter de la musique, et seulement de la musique, sans les inconvénients des gros festivals, comme les files interminables ou les scènes trop hautes.  L’ambiance est bonne enfant. On est proche des artistes, qui n’hésitent d’ailleurs pas à plonger dans la public, à le prendre à parti, à jouer avec lui. On croise les musiciens dans la foule, une bière à la main.

Nouveauté cette année, l’espace VIP, avec petits fours et boissons (« car la musique doit être accessible à tous, même aux bourgeois ») dans lequel les artistes donnaient des concerts acoustiques. On n’aura cependant pas pu en profiter, car si l’organisation a veillé à ce qu’aucuns concerts ne soient donnés en même temps sur la Park Stage et l’Open Air, ce qui permettait de voir tous les artistes, il faut admettre que le roulement est assez intense. Un concert se termine sur la Park Stage et directement après un autre commence  sur l’Open Air. Pas le temps de faire grand-chose d’autre si on a envie de voir deux ou trois concerts de suite. On met ça sur le compte d’une programmation d’enfer, avec beaucoup de groupes concentrés sur un seul jour.  Autre nouveauté, le petit jingle avant chaque concert, à la mode « Francofolies de Spa », sur lequel le public est invité à danser.

12h donc, début des concerts avec une programmation exclusivement belge (seule exception, le groupe Empyr).  Entre les arbres du Champ de la Lune, Crazy Lady Madrid et Code of Harry prennent place. Le festival peut commencer. Le reggae ensoleillé de Los Petarados, en total raccord avec la météo,  leur succède. Le public arrive au compte-goutte. C’est l’heure du groupe déjanté The Black Tartan Clan, qui font pogoter les métalleux, sous une chaleur étouffante. Il faut le faire. Les musiciens ne risquent rien eux, ils sont en kilt.  Au tour de Driving Dead Girl de jouer ensuite, qui mettent le rock n’ roll, le vrai, à l’honneur. Ce qui n’a pas effrayé les Machine Skud, et leur mélange d’électro-rock du meilleur effet. Ils venaient d’ailleurs de sortir un nouveau single très réussi, True To Myself .

 

 

16h20 déjà, les trois membres de Joy montent sur scène. Un violoncelle, une guitare électrique, un tambour et une batterie suffisent à nous enchanter. Mais le mélange des deux voix, celles de Françoise et de Marc termine le travail. Comparer des artistes n’est pas toujours une bonne idée, mais on retrouve beaucoup du chanteur de Placebo dans le timbre de Marc. Leurs morceaux mélancoliques valent le détour, avec une guitare électrique adoucie par le son du violoncelle. Les Von Durden suivent, et ça promet. Le public n’a d’ailleurs pas été déçu. Chaque musicien armé d’un accessoire jaune, leur couleur fétiche, ils donnent tout sur scène. Il suffit de voir le préposé à la scène qui court dans les sens, pour éponger la bière renversée par le chanteur, pour tirer sur le fil du micro,  ou pour redresser un porte-micro.  Ils venaient présenter leur nouvel album, Dandy Animals, en vente à l’ARF  deux jours avant la date de sortie officielle. Leur reprise du tube hardstyle Bonkers, accompagné par le chanteur Mamadou Ba du groupe Dynamic, est incontestablement l’un des temps forts du festival. S’il est fréquent que les artistes hardstyle reprennent des chansons du répertoire rock, l’inverse est beaucoup moins fréquent, mais tout aussi intéressant à écouter.

 

 

 

Maureen Louys prend la parole pour la partie promotion. Ce qu’on nous vend cette fois-ci, c’est l’émission musicale de la rentrée sur la RTBF, The Voice, dans laquelle les participants chantent sans que le jury ne puisse les voir physiquement. Un stand nous permet de nous inscrire. Mais ce que Maureen veut, c’est nous voir faire du « freezing ». Le principe ?  On danse sur la musique, jusqu’à ce qu’elle s’arrête. On prend alors la pause, sans plus bouger en faisant le sigle de l’émission, le « V » de la victoire. Le tout est filmé et servira à la publicité de l’émission. Quelques gesticulations plus tard donc, voilà les Great Mountain Fire, qui hésitent entre sonorités rock plus classiques, trip électro et envolées plus jazzy. Un mélange détonnant. Le public danse, conquis.

Conquis, le public le sera aussi par Empyr, seul groupe français du festival, qui impressionne par ses jeux de guitare. Mené par l’ex-chanteur de Kyo, dont on apprécie ou pas les tics sur scène, le groupe alterne entre rock classique et métal. Les headbangers s’en donnent à cœur joie. C’était leur dernier concert en Belgique. Quelques concerts sont encore prévus en France, avant que les musiciens ne se concentrent sur d’autres projets. On a un regret quand même, que les basses aient été poussées aussi fort. On a vu des gens essayer de se protéger les oreilles avec leurs écouteurs.

 

 

My Little Cheap Dictaphone annonce la suite de la soirée, une soirée qui n’aura pas peur de faire du bruit. Leurs morceaux sont de vraies merveilles de composition, qui finissent dans un véritable déchainement de guitares.  Redboy, le chanteur, enjoint aux gens de s’amuser maintenant, car « c’est déjà la rentrée ». Il descendra même de scène pour venir danser avec les gens. Mention spécial au look des musiciens sur scène, très dandy chic, au micro rétro de Redboy, et au film qui passe derrière les musiciens. Place alors à Suarez devant un public très chaud. Le festival se termine en beauté avec l’électro énergique des Vismets et Fusty Delights.

 

 

Déjà 15 ans que l’Autumn Rock fait vivre la petite ville de Braine-le-Comte au rythme de la musique. Chacun s’y retrouve dans la programmation éclectique de ce festival,  un peu de rock, de reggae, de pop et d’électro, le mélange est parfait. On lui souhaite déjà une bonne 16ème édition.  Avec peut-être « un petit quelque chose le vendredi aussi » nous apprend Mathieu De Middeleer, l’organisateur.

Camille Wernaers

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