Conan le nanar

J’éviterai, même si la tentation est grande (la DH y a succombé), d’utiliser la contrepèterie « connard le barbant » comme titre pour cette critique. Pourtant, quand on s’attaque à un pilier de l’heroic-fantasy et au rôle qui lança Arnold Schwarzenegger au cinéma, il fallait s’attendre à un retour de bâton (du genre massue) de la part des fans du héros barbare. Malgré une bande-annonce qui sentait le mauvais film, lapige a voulu en avoir le cœur net et vous livre sa critique du remake de Conan.

Mais qui est Conan ? Né dans l’imagination de l’écrivain Robert E. Howard en 1932, ce barbare à la vie mouvementée incarne l’archétype du héros sombre et rebelle. Mélangeant récits mythologiques, grands empires de l’Antiquité et influences lovecraftiennes, les aventures du célèbre Cimmérien faillirent disparaître dans l’oubli. Car à la mort de son créateur, en 1936, Conan ne vivait qu’au travers de nouvelles publiées dans le magazine pulp Weird Tales. Un certain Lyon Sprague de Camp se manifeste alors et se déclare co-auteur des écrits, il reprend l’œuvre de Howard en imposant un ordre arbitraire aux nouvelles et en dénaturant l’univers fantastique pour en faire un cliché du genre. On peut critiquer le travail de ce dernier en lui reprochant d’avoir fait de Conan un barbare idiot qui casse tout et s’entoure de femmes serviles. Pour beaucoup, dont le réalisateur du Conan de 2011, Marcus Nispel, cette image de Conan restera : des récits machistes et violents, bien loin de l’aventurier tourmenté entre son passé d’esclave et son nouveau royaume, entre la décadence de la civilisation et l’état sauvage.

Du côté du septième art, Conan le barbare (1981) et sa suite, Conan le destructeur (1984), ont lancé Arnold Schwarzenegger dans sa carrière à Hollywood tout en évitant d’être des nanars (la musique est superbe, et les films sont plutôt bons si l’on aime regarder un type qui ne parle quasi pas mais voyage beaucoup). On ne retiendra pas grand-chose de ce Conan, cru 2011, si ce n’est que la 3D est toujours aussi inutile, qu’engager un hawaïen pour jouer un personnage typé d’Europe du nord est un choix aussi judicieux que Jake Gyllenhaal en perse et que les ingrédients des blockbusters d’Hollywood (manichéisme, vengeance, action et sexe) ne font justement… plus recette. Le film se vautrant dans le box-office américain.

Par Crom, Conan, c’était mieux avant !

Cédric Dautinger

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>