Gratuité du minerval pour les boursiers : la FEF veut aller plus loin

A l’appel de la fédération des étudiants francophones (FEF), quelque 1600 étudiants ont manifesté, mercredi 6 avril, à Bruxelles pour une réduction du coût des études.

« Du fric, du fric, pour l’enseignement public ! Du blé, du blé, pour étudier ! » Mercredi avril 2011, ils étaient plus de mille à crier ce slogan dans le centre de Bruxelles. Des étudiants rassemblés autour d’une même cause : la réduction du coût des études par plus de moyens publics. Jean-Claude Marcourt (PS), le ministre de l’Enseignement supérieur, n’a pas tardé à réagir. Il assure entendre les revendications des étudiants tout en rappelant les avancées réalisées dans ce domaine. Il évoque ici le décret « Wendy », voté par les parlementaires durant l’été 2010 et obtenu après plus de trois ans de mobilisation étudiante. En plus de supprimer le minerval pour les boursiers, ce texte le diminue pour les étudiants aux revenus « intermédiaires » (de 487€ à 374€). En outre, le montant du minerval (835€) est gelé pour les autres étudiants jusqu’à la rentrée 2014. Ce décret prévoit également la gratuité des syllabus pour les boursiers.

« Wendy contre-attaque »

Selon Michael Verbauwhede, président de la FEF, « ce décret est une réelle avancée mais il ne va pas assez loin. Il ne rend malheureusement pas encore l’accès aux études supérieures totalement démocratique ». Actuellement, la FEF tente ainsi de sensibiliser les étudiants à leur campagne « Wendy contre-attaque ». Lancée il y a plus de six mois, elle renvoie directement à « Sauvez Wendy », qui a permis au décret « Wendy » de voir le jour. La campagne actuelle s’inscrit dans la continuité des mouvements des années précédentes. Et les revendications sont sensiblement les mêmes : l’alignement du coût du minerval universitaire sur celui de la Flandre (550€), la construction de logements publics pour les étudiants, la gratuité des transports en commun, le remboursement des frais de stages, un repas complet à un prix unique de 2.50€ ou encore l’accès démocratique aux infrastructures sportives, entre autres.

Mais une des principales demandes de la FEF est un refinancement de l’enseignement. « D’année en année, l’Etat investit de moins en moins dans ce domaine. Actuellement, 5.5% du PIB sont consacrés à l’enseignement, c’est insuffisant », se plaint Michael Verbauwhede. La FEF et d’autres syndicats demandent un retour à une part de 7% du PIB attribuée à l’enseignement. « C’est une question de choix de société. Il est primordial d’investir davantage dans la formation des jeunes », ajoute le président de la fédération. Un accès à la formation que la FEF souhaiterait gratuite pour les étudiants belges. Pour certains, ceci peut paraître illusoire. Michael Verbauwhede se défend : « En 1966, la Belgique a signé le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Selon l’article 13, chaque Etat signataire s’engage à favoriser une gratuité progressive de l’accès à l’enseignement supérieur. De plus, des pays comme la Grèce ou l’Autriche ne demandent pas de minerval. Et pourquoi pas cela en Belgique ? »,  s’interroge le président de la FEF.

Iban Duhour

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