Avoir du cran (True Grit)

Un film de Joel et Ethan Coen, ça fait toujours son petit effet. Surtout quand ils signent un western pur et dur. Mais il ne s’agit pas d’un simple remake du film « 100 dollars pour un sheriff » avec John Wayne mais de l’adaptation du roman-feuilleton de Charles Portis. « On aurait dit qu’il était écrit comme un film des frères Cohen ! » déclarait Jeff Bridges (son rôle de « dude » dans « The Big Lebowski » des mêmes réalisateurs est culte aux USA) lors de la tournée de promotion. Qu’en est-il vraiment ?

En 1870, juste après la terrible guerre de Sécession, le père de la jeune Mattie Ross est assassiné. Le brigand Tom Chaney (Josh Brolin) part en cavale après avoir dérobé deux pièces d’or. La jeune adolescente de quatorze ans (Hailee Steinfeld) jure de venger la mort de son père et débarque dans la ville de Fort Smith pour y chercher un justicier digne de ce nom. Elle recherchait le meilleur US Marshal pour traquer Chaney dans le no man’s land indien grouillant de hors-la-loi. Elle devra se contenter d’un vieux borgne alcoolique et du Texas Ranger Laboeuf (Matt Damon, omniprésent cette année), déjà en chasse. Un trio improbable qui devra surmonter les épreuves pour faire régner la justice.

Si l’on est fan du genre, on passera certainement un très bon moment devant « True Grit ». Mais plusieurs éléments n’en font qu’un bon film plutôt qu’un chef d’œuvre du septième art. Le scénario est simple mais efficace et le film ne dure qu’une heure et demie. Pourtant, on aurait souhaité plus de développements dans l’histoire et les personnages, que l’action continue. Mais le film s’achève bien trop rapidement, juste quand le spectateur est entraîné dans l’aventure… On ne peut cependant rien reprocher aux acteurs, ni à la beauté de l’image. Non, c’est surtout le côté « conquête de l’ouest sale et sombre » qui ne s’assume pas jusqu’au bout qui dérange un peu.

On admirait l’ambiance de « No country for old men » Des films comme  « Appaloosa » ou le remake de « 3:10 pour Yuma » qui nous rappelle que la conquête de l’Ouest s’est faite à coup de poignard dans le dos, de campements boueux et d’embuscades en règle. Oubliez les cow-boys chevauchant vers le soleil couchant avec les dents scintillantes, les méchants indiens indomptés, les attaques de trains et de diligences, et les éternelles bagarres de saloon épargnant toujours le pianiste. Ces codes appartiennent au western de nos pères, le nôtre se réinvente, sans foi ni loi.

Plus d’information.

Cédric Dautinger

2 Comments

  1. Charles

    14 mars 2011 at 1:07

    « Oublier les cow-boys chevauchant vers le soleil couchant avec les dents scintillantes, les méchants indiens indomptés, les attaques de trains et de diligences, et les éternelles bagarres de saloon épargnant toujours le pianiste. Ces codes appartiennent au western de nos pères, le notre se réinvente, sans foi ni loi. »

    2 fautes ici…

  2. LaPige.be

    15 mars 2011 at 12:39

    Salut et merci pour tes relectures assidues! Nous avons d’habitude une correctrice mais en raison des travaux pratiques de l’ULB, elle n’a pas eu le temps de relire les derniers articles publiés… Mais pas d’inquiétudes, j’ai corrigé les fautes mentionnées et elle devrait passer vérifier tout ça dans la semaine.

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