Pendant les examens, la saga continue

Ce lundi 17 janvier ne sera pas qu’un jour d’examen ou d’étude comme les autres pour l’ULB. Les 43 membres du Conseil d’Administration voteront, comme prévu, pour l’élection de leur nouveau président. Mais qui sont les trois candidats à la succession de Jean-Louis Vanherweghem? Et comment cette élection s’intègre-t-elle dans le contexte de crise au CA que connaît l’ULB ?

FLASH du 17 janvier: Alain Delchambre est élu président du CA de l’ULB au second tour, écartant ses deux concurrents: Fabrizio Bucella et Michel Allé (éliminé dès le premier tour).

Les candidats :

A. Fabrizio Bucella

Le vice-président du CA, Fabrizio Bucella est le premier candidat au poste de président. Cet ancien président de la FEF, actuellement échevin PS ixellois et à la tête de la liste Interfac, semble posséder de nombreux atouts pour cette élection mais certains l’accusent d’être un « Iznogoud » et il est loin de faire l’unanimité. Il semble logique, après huit ans au poste de vice-président, que Bucella souhaite prendre du galon. Même en prenant certains risques.

+ Bucella fait passer les intérêts de l’ULB avant ceux de son parti : le PS. Il plaide en effet pour une université bruxelloise et wallonne au sein d’un triangle Bruxelles-Mons-Charleroi, contrairement au projet du pôle montois, cher à Elio di Rupo. Un risque pour le conseiller ixellois, qui perd un soutien politique mais y gagne peut-être une image importante de neutralité, voir de contre-pouvoir.

– Diriger le groupe Interfac (cf. notre guide de la crise au CA) peut lui desservir. Ainsi, les rumeurs de couloir ajoutaient un point au programme de Didier Viviers lors des élections pour le poste de recteur de l’ULB : convaincre les membres du CA de ne pas voter pour le candidat Fabrizio Bucella. Le nouveau recteur s’expliquait sur ce point dans Le Soir (décembre) en déclarant : « Fabrizio Bucella n’offre pas toutes les garanties pour être le futur président du CA. Il doit faire la démonstration qu’il est une personnalité rassembleuse. Beaucoup de voix se sont élevées contre sa manière de concevoir la présidence. Il devrait convaincre, mais il n’a pas donné beaucoup de signes en ce sens. »

B. Alain Delchambre

Ancien doyen de la Faculté des Sciences appliquées, il cherche logiquement à valoriser le travail de ses chercheurs tout en restant proche de la communauté estudiantine au sens large. Il souhaiterait élargir le vote pour le poste de recteur à l’ensemble de la communauté universitaire. Ce qui réduirait logiquement le pouvoir… du poste auquel il postule !

+ Il a su rester proche des étudiants, notamment lors du cortège de la Saint V. et en se présentant à l’élection en duo avec un étudiant en sciences : Martin Casier (pour le poste de vice-président du CA). Il privilégie les collaborations entre universités (comme les MA en Anglais avec la VUB) et prône le travail en commun.

– Son appartenance à la même loge franc-maçonne que l’ancien recteur ou Didier Viviers et regroupant bon nombre d’ « ULBistes » soulève un questionnement. Il ne s’agit bien-sûr que des rumeurs habituelles sur l’application du principe de fraternité (vu parfois comme du copinage) mais certains redoutent cette influence extérieure et les pistons éventuels. « Chacun est libre au sein de sa loge » rappellent cependant ses membres.

C. Michel Allé

Ingénieur civil physicien, Michel Allé possède un CV bien fourni, surtout en tant que financier. Actuellement directeur financier de la SNCB Holding, sa candidature pourrait étonner. Elle se justifie par les sollicitations d’une partie de l’université : sans surprises, les Sciences Sociales et Politiques ainsi que la Solvay Brussels School.

+ Venant de l’extérieur, Michel Allé pourrait représenter le juste milieu entre Bucella et Delchambre.

– Après l’échec de Pascal Delwit à l’élection au poste de recteur de l’ULB, on pourrait redouter cet outsider introduit par les « économistes » de l’ULB. Sa vision managériale en séduit plus d’un mais peut apporter plus de mal que de bien pour la gestion de l’université.

Et après ? Si aucun des trois candidats ne recueille ¾ des voix des administrateurs, un deuxième tour opposera les deux candidats ayant le plus de voix dans un vote à majorité gagnante. Notons que cette élection se singularise par la publicité faite par les participants. Publicité ou transparence ? Les limites restent floues.

Cédric Dautinger

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