Médecine et kinésithérapie: quand les politiques s’en mêlent

Depuis la rentrée universitaire, hommes et femmes politiques n’ont pas été avares en propositions pour améliorer l’enseignement universitaire de la médecine. Retour sur les sorties des politiques.

La ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), plaide depuis septembre pour la suppression du numérus clausus en médecine. Pour l’instant suspendu, ce système n’aurait plus de sens au vu de la pénurie de médecins. Il limite l’accès à la profession, alors que la libre circulation européenne permet aux jeunes médecins étrangers de venir s’installer en Belgique.  Le CDH et le MR sont d’ailleurs du même avis que la ministre à ce sujet. M. Brotchi, sénateur MR et fervent défenseur de la fin du numérus clausus, fait remarquer qu’on peut se demander quand ces quotas seront vraiment supprimés, puisque le gouvernement est en affaires courantes.

Le même Brotchi aimerait l’instauration d’un examen d’entrée aux études de médecine en guise de filtrage des étudiants. En effet, cette année a connu un bond énorme dans les inscriptions en médecine, créant une certaine pagaille dans les Universités, notamment au niveau du manque de places dans les auditoires. Le sénateur (et neurochirurgien) craint que les futurs médecins ne soient pas assez bien formés au niveau pratique. Il ne veut pas de « médecins-perroquets », ce qui risque d’arriver si un trop grand nombre d’étudiants peuvent s’inscrire. Il envisage aussi que cet examen soit élargi à toutes les études universitaires. Pour résoudre ce problème, Jean-Claude Marcourt (PS), ministre de l’Enseignement supérieur, le rejoint dans la revendication d’un examen d’entrée. Il a aussi dégagé 3 millions d’euros d’aide, prévu pour 2011. Cette aide sera octroyée aux facultés de médecine, de dentisterie et de médecine vétérinaire. Elle permettra d’engager des assistants et du personnel supplémentaire.

Enfin, cette année, il faut départager les nouveaux diplômés francophones en kinésithérapie, sinon il y aura un surnombre de candidats kiné indépendants. Ils sont 393 à demander un numéro d’inscription à l’Inami, mais sur les 700 places disponibles, seules 293 sont attribuées à la Communauté Française. Le concours va laisser une centaine d’étudiants sur le carreau. Pourtant depuis 2008, la kinésithérapie est une profession en pénurie. Beaucoup dénonce ce paradoxe, surtout qu’en Flandre, ils ne sont que 292 candidats pour 409 places disponibles. Onkelinx aimerait que ce concours soit supprimé mais, à nouveau, la situation est bloquée tant que nous n’aurons pas de gouvernement.

Camille Wernaers

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