Le nouveau bâtiment Solvay Brussels School

« On vit dans une bulle ! »

La rentrée universitaire aura été chargée pour les étudiants de Solvay et de sciences économiques. Après la fusion, l’inauguration de leur nouveau bâtiment a eu lieu le 23 septembre dernier. Il servira d’emblème à la nouvelle faculté.

La première pierre avait été posée le 9 mars 2009. Et les délais ont été respectés. Le bâtiment était effectivement prêt pour la rentrée. Composé de quatorze auditoires, de trois salles d’étude, d’une salle informatique et de 75 bureaux,  il se découpe en deux ailes. L’une est réservée au personnel administratif, l’autre aux auditoires et aux étudiants. Des escaliers noirs relient les deux ailes.

« Il n’y a pas beaucoup d’auditoires quand on y pense » souligne Jorge, un étudiant de Solvay. « Il y a, par contre, beaucoup de bureaux, dont la plupart sont inoccupés d’ailleurs. A propos des auditoires, ils sont vraiment trop petits ! On dirait qu’ils se sont dit que les élèves ne viendraient quand même jamais tous aux cours ». Le plus grand auditoire, surnommé « la bulle », ne compte que 234 places. « Les professeurs se sont plaints. En plus, il n’y a aucune fenêtre à ouvrir dans l’aile des auditoires. L’aération est très mauvaise et il fait vite étouffant dans un auditoire rempli ».

Art & Built a construit le bâtiment autour d’un atrium, « c’est ce qui rend les contacts entre les gens plus faciles ». Les grandes baies vitrées de la façade rendent le tout très lumineux. Le style du bâtiment n’est pas sans rappeler celui de la bibliothèque des Sciences Humaines, il suffit de regarder les grandes portes d’entrée pour s’en convaincre.

A propos des escaliers, Jorge explique : « Il y en a beaucoup trop pour aller au même endroit. On en utilise un et pas les autres. Ils ont perdu beaucoup d’espace ».  A noter : la présence de couleurs, sur les sièges de plusieurs auditoires et sur toutes les portes. La prédominance du vert fait dire à Jorge que « cela est une manière de rappeler le petit parc qui a été rasé pour construire le bâtiment. Mais c’est mon interprétation. Je pense aussi qu’ils ont voulu souligner les bonnes performances environnementales de l’édifice ».

Les étudiants de la faculté étaient avant dispersés dans toute l’université. « Moi qui aimait bien me déplacer dans le campus, je suis un peu frustré. Car on a plus cours qu’ici ! On vit dans une bulle. D’ailleurs, le thème de la bulle se retrouve à la cafétéria et dans les salles d’études. Il y a des petits paravents qui te permettent d’être isolé des autres. De rester dans ta bulle quoi ».

La construction du bâtiment spécialement pour la nouvelle faculté n’a pas fait que des heureux. Il y a d’abord eu le « comité  Solbosch », créé par les riverains contre ce projet. Ils n’étaient pas d’accord avec la transformation du petit parc en un bâtiment aux lignes trop épurées, qui tranche avec le style architectural du quartier.  Beaucoup de voix se sont aussi élevées à propos du financement, en grande partie privé. Grâce aux dons d’entreprises et de sociétés, 11 millions d’euros ont été récoltés. Une méthode considérée comme loin de l’esprit d’indépendance de l’ULB.

Un mystère demeure : qu’il y a-t-il dans le coffre scellé et emmuré à l’entrée de l’édifice ? Une plaque nous interdit de l’ouvrir avant le 23 septembre 2035 et ensuite le 23 septembre 2060, respectivement les dates des 15 ans et des 50 ans de l’inauguration.

Camille Wernaers


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